Bruxelles, 24/01/2014 (Agence Europe) - Alors que le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, est en Ukraine le 24 janvier pour y rencontrer le président, Viktor Ianoukovitch, des représentants du gouvernement, des leaders de l'opposition et des membres de la société civile, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a confirmé, le 23, qu'elle se rendrait elle aussi à Kiev, les 29 et 30 janvier. « Je vais aller à Kiev la semaine prochaine pour rencontrer le président Ianoukovitch, ainsi que les dirigeants de l'opposition », a annoncé Catherine Ashton dans un communiqué, rappelant qu'une délégation du Parlement européen y sera du 28 au 30 janvier. « À la lumière de l'escalade de la violence des événements, l'UE doit renforcer les efforts en faveur de la solution politique à la crise actuelle. À cet égard, tous les moyens diplomatiques ont été engagés », a-t-elle souligné, citant les visites. « Il est impératif d'éviter une aggravation supplémentaire de la situation et d'ouvrir la voie à un véritable dialogue entre les autorités, l'opposition et la société civile. Seul un dialogue inclusif offre une solution viable. Les portes du dialogue et une solution politique doivent rester ouvertes », a-t-elle ajouté.
De son côté, le président du groupe S&D au PE, l'Autrichien Hannes Swoboda, a souligné que « si les pourparlers entre le commissaire Füle et M. Ianoukovitch ne donnent pas un accord qui garantit le droit de réunion et une feuille de route sortir de cette impasse, la seule façon de sortir sont des élections anticipées en Ukraine ».
Le Premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, a considéré que « les politiciens européens pourraient donner à l'Ukraine une aide réelle dans la normalisation de la situation ». « Ce serait suffisant si Barroso, Ashton, Füle et d'autres hommes politiques européens appelaient l'opposition ukrainienne et déclaraient que la prise des bureaux des institutions de l'État est illégale, que cela va à l'encontre de la démocratie ».
Peu de temps après avoir rencontré M. Füle, M. Ianoukovitch a lui annoncé un remaniement ministériel et l'amendement des nouvelles lois sur les manifestations à l'occasion d'une session extraordinaire du parlement prévue la semaine du 27 janvier. S'il a confirmé qu'il allait libérer les militants interpelés, le président a prévenu qu'il emploierait « tous les moyens légaux » dont il dispose s'il ne trouve pas de solution à la crise avec l'opposition. Il a aussi nommé à la tête de l'administration présidentielle, Andriï Kliouïev, considéré comme un tenant de la ligne dure et détesté des manifestants.
Multiples appels au dialogue, des ambassadeurs convoqués
Plusieurs chef d'État et ministres ont appelé au dialogue et à la fin des violences. « J'appelle les autorités ukrainiennes à retrouver sans délai la voie du dialogue et de l'apaisement », a exhorté le président français, François Hollande, soulignant qu'« un grand pays comme l'Ukraine, qui aspire à prendre toute sa place sur la scène européenne et internationale, se doit de mettre fin à de telles actions » de violence contre les manifestations pacifiques. Il a rappelé que l'UE « reste pleinement disponible pour la signature de l'accord d'association ». La France, tout comme l'Allemagne et l'Irlande, a convoqué les ambassadeurs d'Ukraine.
Le ministre des Affaires européennes irlandais, Pascal Donohoe, a souligné « que le dialogue démocratique est nécessaire pour résoudre l'impasse actuelle ». « Mon espoir est que la résolution de cette impasse puisse être trouvée le plus tôt possible », a-t-il ajouté. Pour les ministres des Affaires étrangères tchèque, Jan Kohout, hongrois, János Martonyi, polonais, Rados³aw Sikorski, et slovaque, Miroslav Lajcak, un dialogue « constructif et crédible » « est la seule façon de trouver une solution acceptable pour l'ensemble de la nation ukrainienne ». La violence n'a jamais contribué à la résolution des crises politiques et ne peut qu'aggraver la situation « déjà compliquée et dangereuse », ont-ils ajouté. (CG)