Bruxelles, 24/01/2014 (Agence Europe) - Les sociaux-démocrates au Parlement et les syndicats européens émettent des réserves sur la dimension sociale de l'initiative de la Commission (EUROPE 11002).
« C'est une bonne initiative, mais elle présente deux problèmes: elle arrive trop tard et elle doit être suivie d'actes forts pour qu'il n'en reste pas que de belles paroles. Une réindustrialisation intelligente de l'Europe doit être une priorité pour la prochaine Commission », a réagi dans un communiqué le président du groupe S&D au Parlement, l'Autrichien Hannes Swoboda. « L'industrie européenne ne peut être compétitive qu'en maintenant un niveau élevé d'éducation, de recherche, de normes environnementales et pas en abaissant nos normes. L'économie virtuelle et spéculative est au coeur de la crise, et la solution viendra de l'économie réelle. Le défi est d'aider l'Europe à maintenir son leadership mondial en tant que puissance industrielle sans sacrifier notre modèle social. C'est pourquoi le rôle des syndicats et le dialogue avec les travailleurs est un élément important de toute action future de l'UE », insiste M. Swoboda. « La compétitivité ne doit pas se baser sur un abaissement des salaires mais sur les connaissances et des solutions durables », insiste sa collègue italienne Patrizia Toia, qui prône la création d'une « salle de contrôle » pour l'industrie enracinée au niveau régional.
La Confédération européenne des syndicats (ETUC-CES) critique que la dimension sociale soit « à peine évoquée » dans l'initiative de la Commission. Cette dimension « devrait être à la base d'une industrie productive et promouvoir l'éducation, la formation, la sécurité sociale et la participation des travailleurs », insiste l'association, qui critique aussi l'insuffisance de l'initiative sur les thèmes des emplois de qualité et du chômage des jeunes. ETUC-CES critique entre outre l'absence d'un plan de financement convaincant pour soutenir les secteurs industriels à haute valeur ajoutée, et de propositions pour stimuler davantage l'intégration du marché intérieur européen et l'internationalisation des entreprises. « Malheureusement, la Commission ne fait pas de proposition sur la manière de traduire ce potentiel de croissance en création d'emplois. Elle déclare même s'attendre à ce que le chômage pour toute l'UE reste à un niveau de 11%, un record historique, pour au moins encore deux ans (…) La Commission rejette la responsabilité de la faible demande et des faibles investissements sur la crise persistante mais évite d'en souligner l'origine, à savoir la politique de gestion de la crise de l'UE, et son échec à réguler le secteur bancaire, où l'austérité est la priorité du moment et où une compétitivité accrue se mesure en termes de diminution des salaires », conclut-elle. (EH)