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Bulletin Quotidien Europe N° 11004
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) droits de l'homme

Certains problèmes plus aigus en 2013 dans l'UE, selon Moscou

Bruxelles, 24/01/2014 (Agence Europe) - Pour la deuxième année consécutive, le commissaire aux Droits de l'homme et à la Démocratie du ministère russe des Affaires étrangères, Konstantin Dolgov, a présenté, le 23 janvier, son rapport sur la situation des droits de l'homme dans l'UE en 2013. « On ne dit pas que la démocratie est en danger dans l'UE, juste qu'elle n'est pas parfaite, que des problèmes sont là et certains se sont aggravés », a révélé M. Dolgov. Ainsi, selon le rapport d'une centaine de pages, « les questions des droits de l'homme les plus pressantes de l'UE comprennent toujours une croissance soutenue de la xénophobie, du racisme, du nationalisme violent, du chauvinisme et du néonazisme ». Le document souligne aussi que dans le contexte de crise financière et économique « de graves violations des droits des minorités, des réfugiés et des migrants sont en augmentation, et les droits sociaux des citoyens sont violés ». Le manque de protection des droits de l'enfant, l'inégalité entre les sexes et l'abus de pouvoir de la police demeurent aigus, poursuit le rapport. « Les faits prouvant les violations systématiques et massives de la vie privée et des infractions à la liberté d'expression et des médias ont causé une préoccupation particulière », ajoute le rapport. M. Dolgov a également insisté sur les violations des droits des minorités russes dans les pays baltes.

« Promotion agressive des droits des minorités sexuelles »

Pour la première fois, le rapport met aussi l'accent sur la « promotion agressive des droits des minorités sexuelles ». « Des tentatives ont été faites pour considérer, dans d'autres pays, l'homosexualité et les mariages de même sexe comme une norme de vie et une sorte de phénomène social naturel qui mérite un soutien au niveau de l'État », juge le rapport, qui souligne qu'une telle approche rencontre des résistances, prenant l'exemple des manifestations en France contre le mariage homosexuel.

Qui surveille les États ?

M. Dolgov s'est une nouvelle fois, tout comme lors de la présentation du premier rapport en décembre 2012 (EUROPE 10747), interrogé sur la personne responsable des droits de l'homme au sein de l'UE. Pour lui, les États membres ne sont pas surveillés sérieusement, il n'y a pas de réponse efficace. « Le problème est la mise en oeuvre et le contrôle de la mise en oeuvre » de la Charte européenne des droits de l'homme, a expliqué M. Dolgov. « Si vous vous positionnez comme un avocat de la démocratie, vous devez être cohérent dans ce que vous faites et dites », a-t-il ajouté.

« Le rapport est une invitation à regarder les problèmes, à s'en occuper plus efficacement et à développer une coopération internationale pour résoudre ces questions avec nous », a conclu M. Dolgov.

Le rapport est disponible sur http://www.mid.ru .

Les Européens surveillent de près la Russie

La veille, des militants pour les droits de l'homme ont eux dénoncé la situation en Russie lors d'une audition en commission droits de l'homme du Parlement européen.

Pour Tanya Lokshina, directrice du programme russe à Human Rights Watch, les personnes relâchées ces derniers temps l'ont été car les Jeux Olympiques de Sotchi approchent (7 au 23 février) et les yeux sont braqués sur la Russie. « Mais cela ne montre pas une tendance à une amélioration, il n'y a pas vraiment d'impact sur l'état de droit dans un pays où le système est encore soumis à des manipulations politiques », a-t-elle expliqué. Selon elle, il y a une répression sans précédent de la société civile depuis le retour au pouvoir de Vladimir Poutine. « Après Sotchi, le monde va détourner son regard de la Russie. Notre crainte est que la répression reprenne de plus belle », a-t-elle ajouté. Mme Lokshina a appelé les Européens à ne pas perdre de vue la Russie et rappelé qu'il est nécessaire que les 28 parlent d'une seule voix.

Kirill Koroteev, juriste à Memorial, a critiqué la loi sur les ONG « agents de l'étranger », la considérant comme « vague », qui « frappe aveuglément », « au bon vouloir de la justice ». De son côté, Wanja Kilder de Quarteera a dénoncé la « chasse aux homosexuels ». (CG)

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