Bruxelles, 17/01/2014 (Agence Europe) - Les deux jours de débats participatifs dédiés aux entreprises sociales ont débouché sur une « déclaration de Strasbourg » reprenant des « principes de changement » adressés par les entrepreneurs aux institutions européennes et aux autorités nationales et locales pour un nouveau modèle d'économie sociale. Les entreprises sociales gagnent de plus en plus de terrain. En effet, une nouvelle entreprise sur quatre mise moins sur le profit de ses actionnaires que sur un impact positif sur la société. 2 000 d'entre elles ont eu la parole les 16 et 17 janvier à Strasbourg pour exposer leur point de vue aux commissaires européens responsables du marché intérieur, de l'industrie et des affaires sociales, ainsi qu'au président du Comité économique et social européen.
Commentant ce dialogue participatif et la déclaration, le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, a affirmé que ce document était « le reflet de cette nouvelle approche de 'co-construction' des politiques publiques ». Il a assuré qu'à l'heure où « la croissance doit être plus sobre, plus équitable, plus verte, alors le secteur de l'économie sociale se trouve pile-poil au coeur des défis et des politiques maintenant ».
Dans leur déclaration, les entrepreneurs sociaux souhaitent qu'il y ait un engagement plus important tant au niveau européen que national, régional et local envers leur communauté via la « co-création » de nouvelles politiques soutenant leurs entreprises, en fonction du contexte local. La Commission européenne devrait faire en sorte que cette attention soit reflétée dans toutes ses politiques. Les États membres et autorités locales et régionales devraient, pour leur part, soutenir la croissance des entreprises sociales, via notamment le cadre législatif, l'accès aux financements, l'aide au développement de start-up, la formation et les marchés publics. La coopération entre les entreprises sociales, mais aussi entre les autorités publiques les soutenant, devrait également être de mise. La déclaration recommande aussi que tant le public que le privé mettent sur pied des instruments de financement adéquats pour soutenir les entreprises sociales toute au long de leur cycle de vie. Toutefois, pour apporter ce soutien ad hoc, la déclaration invite à poursuivre les recherches de données statistiques nationales sur les entreprises sociales afin d'en avoir une meilleure compréhension.
La déclaration est accompagnée d'une annexe plus exhaustive de suggestions établies sur base des contributions des acteurs de terrain, telles que des financements innovants, un code de conduite européen, un statut européen pour les sociétés mutuelles ou un régime fiscal adapté. Des idées « pas toutes consensuelles », selon Michel Barnier, qu'il entend étudier « soigneusement et objectivement » avec ses collègues commissaires et le président de la Commission européenne. Il souligne que « toutes ces convictions fortes portées par cette déclaration et ces acteurs de terrain doivent nous inspirer davantage, institutions européennes, États et collectivités pour créer des partenariats au service de cette croissance plus durable et plus inclusive pour les années à venir ». Il évoque l'idée de reconduire ce débat interactif, qui était aussi mené sur la toile, ultérieurement pour pousser le débat encore plus loin. (MD)