Bruxelles, 16/12/2013 (Agence Europe) - Avec la défaite militaire des rebelles du M23 à l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et la conclusion du dialogue de Kampala entre le gouvernement congolais et le M23, l'heure est venue de mettre pleinement en oeuvre tous les engagements de l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération conclu en février à Addis Abeba (Éthiopie) entre les pays de la région, ont estimé les ministres des Affaires étrangères des 28, le 16 décembre à Bruxelles. Dans des conclusions unanimes, le Conseil de l'UE appelle les onze pays signataires à faire le nécessaire pour tenir leurs engagements nationaux, régionaux et internationaux, et réaffirme le plein appui de l'UE à cet accord. (EUROPE 10984).
« Les progrès réalisés au cours des récents mois offrent une opportunité unique pour la région, avec l'appui de la communauté internationale, de s'attaquer aux problèmes de fond » à l'origine de l'instabilité de la région. Le Conseil réitère à cet égard l'importance que revêt un dialogue politique systématique et continu entre tous les pays de la région pour accroître la confiance mutuelle. L'UE déplore la souffrance infligée par les différents groupes armés dans l'est de la RDC et le grand nombre de morts chez les civils, les soldats de la paix de la Monusco, les centaines de milliers de personnes déplacées. Elle insiste sur l'attention qu'il convient de porter aux enfants soldats et aux victimes de violences sexuelles ainsi que sur l'importance de lutter contre l'impunité des responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
L'UE salue la priorité donnée à la réforme de la sécurité par le président Kabila et note que le prochain cycle d'élections offrira une opportunité de démocratisation supplémentaire.
Le Conseil confirme l'engagement pris par les ministres du Développement le 12 décembre de garantir que la programmation des ressources du Fonds européen de développement (1,3 milliard pour 2014-2020), par pays et pour la région, tiendra compte des recommandations de la Cour des comptes, bien que le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, ait estimé que le jugement porté par la Cour était « un jugement politique ». La programmation de l'aide par les États membres devrait contribuer à la fois à la stabilisation et au développement à long terme de la région des Grands Lacs. Le Conseil encourage par ailleurs la programmation conjointe de l'aide entre la Commission européenne et les États membres, en partenariat avec les pays des Grands Lacs et les organisations régionales concernées, et appelle à une coordination accrue des donateurs. La Belgique avait suggéré la mise en commun des ressources de la Commission et des donateurs pour un « Programme de rétablissement de l'Afrique centrale ». Elle a été entendue. L'idée doit encore être formalisée. (AN)