Bruxelles, 16/12/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a évoqué, dimanche 15 décembre, dans une interview au quotidien Kathimerini, des désaccords entre les créanciers sur la manière de réduire le fardeau de la dette grecque, une fois que sera confirmé l'excédent budgétaire primaire dégagé en 2013, au printemps prochain.
« Nous sommes en négociations avec trois institutions différentes (Commission, BCE, FMI) (…) toutes d'accord pour nous aider, mais elles ne sont pas encore parvenues à un accord entre elles sur la façon de le faire », a-t-il affirmé. La Commission européenne s'est refusée à tout commentaire. Une source de l'eurozone a toutefois précisé qu'il ne pouvait y avoir un désaccord entre la 'troïka' sur la manière de réduire la dette, « puisque cette question ne sera discutée qu'au premier semestre 2014, pas avant ».
L'été dernier avait tout de même révélé une approche quelque peu différente entre le FMI et les Européens. L'institution de Washington mettait en avant dans son rapport de suivi le fait qu'une dette trop élevée pouvait dissuader les investisseurs, alors que pour les Européens, c'est de ne pas rembourser les fonds empruntés qui pourrait avoir cet effet (EUROPE 10863). À noter également que, conformément à l'accord du 27 novembre 2012, l'objectif est de ramener l'endettement hellène à 124% du PIB en 2020 et substantiellement sous les 110% en 2022. Pour ce faire, les Européens envisagent, plutôt qu'un effacement pur et simple d'une partie des dus, un allongement des maturités des prêts assorti d'une baisse des taux d'intérêts ainsi que rogner les taux de cofinancement liés aux fonds structurels.
Dans l'interview à Kathimerini, M. Samaras a encore insisté « pour que la décision sur une autre réduction de notre dette (après le PSI de printemps 2012, NDLR) soit prise au printemps, dès que le montant de l'excédent primaire aura été annoncé ». Un haut fonctionnaire de l'UE a déclaré récemment que les discussions pourraient commencer en juin, mais il y a des craintes de voir le dossier pourrir jusqu'à ce qu'une nouvelle Commission soit en place, en novembre. Enfin, M. Samaras a également exclu un troisième plan d'aide, alors que le programme actuel est financé jusque fin août 2014. Au-delà de cette date, il manquera 3,8 milliards d'euros au pays pour finir l'année.
Sur le financement à court terme du programme, la presse grecque rapportait lundi qu'un accord était à portée de main sur la restructuration du système de défense (EAS), nécessaire au versement d'un milliard d'euros. Rien de nouveau sur ce front, précisait toutefois la Commission européenne lundi matin. (EL)