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Bulletin Quotidien Europe N° 10985
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Les ministres rappellent que les portes de l'UE restent ouvertes

Bruxelles, 16/12/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont rappelé, lundi 16 décembre, que les portes de l'UE restent ouvertes à l'Ukraine et qu'ils sont prêts à signer l'accord d'association.

Pour le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, « il faut écouter le peuple ukrainien et ne pas fermer la porte. Fermer la porte serait un signal tout à fait négatif », a-t-il expliqué. Face à « un mouvement pro-européen en Ukraine qui est le plus grand depuis des années, voire dans toute l'histoire, l'Europe a des responsabilités envers cette société qui veut se rapprocher de l'Europe et devrait lui donner de l'espoir », a précisé le ministre polonais Radoslaw Sikorski. « On peut le faire soit en promettant l'adhésion à l'UE, soit en offrant des meilleures conditions dans la mise en oeuvre de l'accord d'association », a-t-il ajouté. L'Allemand Guido Westerwelle a rappelé qu'il n'était pas pour un parti politique ou un autre mais pour les valeurs européennes. Pour l'Espagnol José Manuel García Margallo y Marfil, la patience de l'UE est « quasi infinie », et l'Ukraine est un pays « très important. Il est important de maintenir une relation avec l'Ukraine ».

Dénonçant le double langage du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, le ministre suédois Carl Bildt a précisé que s'il y a un message clair de l'Ukraine, « nous sommes prêts à signer demain ou après-demain ».

Le commissaire Füle sème le trouble

Pourtant, le 15 décembre, le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a amené le doute en disant (via Twitter) que les négociations pour l'accord d'association sont suspendues. « (J'ai) dit au vice-Premier ministre Arbuzov, à Bruxelles (le 13 décembre) et après, que la discussion est conditionnée à l'engagement clair de signer. Travail en attente, (je n'ai) pas eu de réponse », selon un tweet du commissaire, soulignant aussi que « les paroles et les actes du président et du gouvernement concernant l'accord d'association sont de plus en plus éloignés. Leurs arguments n'ont aucun fondement dans la réalité ». Il n'y a pas eu de réponse de l'Ukraine et donc pas de base pour continuer l'engagement pris lors de la rencontre avec le vice-Premier ministre Arbuzov, a expliqué le porte-parole de M. Füle, Peter Stano. « Ce qui est mis entre parenthèses ce sont les pourparlers entre Füle et Arbuzov, dont l'objectif est de signer rapidement » l'accord, a ajouté le porte-parole. Lors du Conseil, M. Füle a précisé aux ministres qu'il ne voyait plus de mandat pour agir puisqu'il devait le faire sous réserve de la confirmation de la volonté ukrainienne de signer.

Plusieurs ministres ont fait part de leurs doutes. « Il n'y a pas de raison de suspendre les discussions », a souligné le ministre néerlandais Frans Timmermans, précisant que « faire de la politique sur la base de Twitter n'est peut-être pas la meilleure voie pour aborder cette question ». Pour M. Asselborn, M. Füle n'a pas dit de fermer la porte mais a voulu « faire pression pour que le régime bouge dans la bonne direction ». M. Sikorski a considéré que la position de Füle de mettre en attente les discussions avec Kiev est « rationnelle ».

Discussions tendues avec Lavrov

Les ministres ont discuté de l'Ukraine avec le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov.

Une discussion « tendue », selon la ministre italienne Emma Bonino mais un Lavrov « horriblement gentil », pour M. Asselborn, un sourire en coin. « Dès qu'on s'approche de la zone entre l'UE et la Russie, il y a de la nervosité et des problèmes », a-t-il ajouté. M. Lavrov aurait demandé aux Européens de confirmer leur disposition à organiser une rencontre technique à trois, sur l'implication économique de l'accord. « Les Russes disent que ce n'est pas politique, pas contre les Européens, mais qu'ils ont peur pour leur marché », a expliqué le ministre luxembourgeois, soulignant que les Russes ont peur de l'arrivée de produits européens via l'Ukraine sur le marché russe. « Ce serait une terrible erreur de demander à l'Ukraine de choisir entre la Russie et les Européens », a-t-il ajouté, précisant que l'Ukraine, pour « survivre économiquement, socialement et politiquement, a besoin des deux partenaires, les Russes et les Européens ». « Il faut trouver une solution dans l'intérêt des trois », a-t-il ajouté. La Suède aurait demandé un rapport sur les pressions russes. (CG avec JK)

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