Bruxelles, 26/11/2013 (Agence Europe) - Comme elle s'y était engagée (EUROPE 10958), la Commission européenne a décidé, mardi 26 novembre, de sévir à l'égard du laxisme du Belize, du Cambodge et de la Guinée-Conakry en matière de contrôle des activités de pêche. Si le Conseil de l'UE accepte d'inscrire ces trois pays sur une liste noire, cela entraînera la fermeture du marché européen à tous les produits de pêche capturés par les bateaux de ces pays.
« La Commission a adopté aujourd'hui deux décisions. Elles visent à garantir que le poisson que nous mangeons en Europe est légalement pêché. Nous contrôlons strictement nos propres pêcheurs. Mais les importations représentent 65% de notre consommation. Les règles contre la pêche illégale ont pour but de veiller à ce que les poissons importés respectent les règles internationales communément admises », a déclaré Mme Damanaki, lors de la présentation à la presse des mesures prises pour renforcer la lutte contre la pêche illégale.
La première décision vise à identifier le Belize, le Cambodge et la Guinée comme pays non coopératifs en matière de lutte contre la pêche illégale. « Nous les avions déjà préavertis en novembre 2012. Malgré un dialogue formel, ils n'ont pas fait de progrès satisfaisants. Le coeur du problème, pour chacun des trois pays, est le manque de contrôles efficaces effectués sur leur flotte. Comment peuvent-ils prétendre, dans ces circonstances, que le poisson capturé sous leur pavillon ou dans leurs eaux côtières est durable », s'interroge Mme Damanaki. Selon la Commission, ces trois pays n'ont toujours pas remédié aux problèmes structurels et n'ont pas fait montre d'une réelle volonté de lutter contre la pêche illicite.
La décision prise à l'égard du Belize, du Cambodge et de la Guinée dote les États membres d'un outil supplémentaire pour vérifier et, si nécessaire, refuser les importations douteuses de produits de la pêche en provenance de ces pays. La Commission encourage une approche coordonnée en la matière. Parallèlement, la Commission a soumis au Conseil une proposition visant à placer ces pays sur une liste de pays non coopératifs. Une fois que le texte sera adopté, les captures effectuées par les navires de pêche battant pavillon de ces pays seront interdites à l'importation dans l'UE et les navires de l'Union européenne ne pourront plus pêcher dans leurs eaux. D'autres formes de coopération, telles que les opérations conjointes de pêche ou les accords de pêche avec ces pays, seront elles aussi interdites.
Mme Damanaki précise que son but n'est pas d'inscrire ces pays sur liste noire, mais d'assurer des améliorations sur le terrain. Une approche qui a déjà porté ses fruits, car cinq des huit pays ayant reçu des cartons jaunes en novembre 2012 ont fait des progrès tangibles (Fidji, Panama, Sri Lanka, Togo et Vanuatu). La Commission explique que ces pays « s'emploient à adopter une nouvelle législation et ont amélioré leurs systèmes de suivi, de contrôle et d'inspection. En conséquence, le dialogue avec ces pays a été prolongé jusqu'à la fin de février 2014 et leurs progrès seront évalués au printemps prochain ».
Carton jaune pour la Corée du Sud, le Ghana et Curaçao
Seconde décision: la Commission a adressé des cartons jaunes à trois pays: la Corée du Sud, le Ghana et Curaçao. Ces avertissements se concentrent sur notre principale préoccupation en matière de lutte contre la pêche illégale: la côte de l'Afrique de l'Ouest, a indiqué Mme Damanaki. « Nous entendons des nouvelles chaque semaine sur des navires pirates, par exemple dans le golfe de Guinée. Nous savons à quel point cette criminalité organisée peut être nocive pour les communautés côtières des pays en développement », a souligné la commissaire. La Commission va entamer des dialogues avec ces trois pays (Corée, Ghana et Curaçao) pour tenter de régler les problèmes. Dans six mois, elle fera une nouvelle évaluation de la situation, avant de sévir peut-être. (LC)