Bruxelles, 26/11/2013 (Agence Europe) - En dépit de la crise économique, 83% des citoyens européens interrogés dans le cadre d'un sondage Eurobaromètre continuent de juger important d'aider les populations des pays en développement, soit un peu mois que l'an dernier (85%), 69% jugent qu'aider ces pays est également bon pour l'UE, 61% considèrent que l'aide européenne devrait augmenter (un chiffre stable), 66% des citoyens estiment que la lutte contre la pauvreté dans ces pays devrait compter parmi les priorités de l'Union européenne mais ils ne sont que 48% à juger qu'elle devrait être l'une des grandes priorités de leur gouvernement. L'Eurobaromètre spécial 'Aide au développement de l'UE et objectifs du millénaire pour le développement' (OMD) publié mardi 26 novembre, révèle ces grandes tendances et montre aussi que les citoyens de l'UE ont une faible connaissance de ce que sont ces OMD censés être atteints en 2015: seuls 6% d'entre eux en ont entendu parler et savent en quoi ils consistent.
Les résultats de cette enquête réalisée à la demande de la Commission pour prendre le pouls de l'opinion publique européenne à l'égard de l'aide au développement de l'UE ont été présentés par Andris Piebalgs, commissaire au Développement, lors de la huitième édition des Journées européennes du développement (JED) à Bruxelles dédiée à la réalisation des OMD et au futur cadre global du développement post-2015 (EUROPE 10964).
« Il est très encourageant de constater que les citoyens de l'UE soutiennent la solidarité mondiale. Nous devons nous donner les moyens de réaliser les objectifs du millénaire pour le développement et de tirer un trait sur la pauvreté. Pour aller de l'avant, la communauté internationale devrait s'entendre sur un programme commun poursuivant des objectifs ambitieux en matière d'éradication de la pauvreté et de développement durable », a déclaré le commissaire, en assurant que les Européens prendront leur part. Même tonalité chez le président de la Commission, José Manuel Barroso, qui, à l'ouverture des JED, a affirmé: « Nous avons la preuve que l'aide au développement, si elle est bien gérée par les donateurs et les récipiendaires, apporte une grande contribution au développement humain. Pour la réalisation des OMD, nous allons maintenir la pression jusqu'à la dernière minute. Et pour l'après-2015, éradiquer la pauvreté demeure une priorité. Nous pouvons reléguer la pauvreté dans l'Histoire, c'est possible si la volonté politique existe au niveau global. Il faut un jeu d'objectifs applicable à tous les pays en tenant compte des spécificités de chacun ».
Interrogés sur ce que devraient être les priorités futures de la politique européenne de développement, les sondés citent en premier l'emploi (44%), suivi par la santé (33%), la croissance économique (31%) et l'éducation (30%).
48% des répondants se disent prêts à payer plus pour des produits qui soutiennent les PED (soit 4% de plus qu'en 2012), avec une forte progression dans certains pays durement touchés par la crise: Irlande (47 %, +12 points de pourcentage), Lettonie (27%, + 8) et Espagne (+ 7). Ce sont les jeunes qui se sentent le plus concernés par les problèmes de développement. 61% des 15-24 ans sont d'avis qu'ils peuvent contribuer, à titre individuel, à la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement (contre 45% seulement des personnes de 55 ans et plus). 53% des 15-24 ans sont prêts à payer des produits plus chers si cela permet d'aider les pays en développement (contre 45% des répondants âgés de 55 ans et plus).
Cette enquête Eurobaromètre a été réalisée par TNS Opinion & Social entre le 24 mai et le 9 juin 2013 auprès de quelque 27 680 personnes de 15 ans et plus, interrogées en face à face dans les 28 États membres. (AN)