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Bulletin Quotidien Europe N° 10971
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) turquie

Le Conseil de l'Europe dénonce la répression des manifestations de juin

Bruxelles, 26/11/2013 (Agence Europe) - La répression menée par la police contre les manifestations antigouvernementales qui ont agité la Turquie en juin dernier constitue une grave menace pour les droits de l'homme et il est temps que la police turque respecte mieux ces droits, a déclaré mardi 26 novembre le Conseil de l'Europe.

La Turquie a été le théâtre en juin d'une fronde politique sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP). 2,5 millions de personnes ont défilé dans la rue pour dénoncer la dérive autoritaire et islamiste du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. La violente répression de ces manifestations, largement dénoncée, a entraîné la mort de 6 personnes et a fait plus de 8 000 blessés.

« Des allégations sérieuses, concordantes et crédibles font état d'un usage excessif de la force, en particulier d'un usage excessif et injustifié de gaz lacrymogènes et de mauvais traitements pendant et après les arrestations. Elles suscitent de très vives inquiétudes, qui appellent une réponse énergique de la part des autorités turques. Il faudrait, par exemple, clarifier les dispositions régissant l'usage proportionné de la force par les membres des forces de l'ordre lors des manifestations. Il faudrait aussi renforcer les garanties contre les mauvais traitements et faire mieux respecter le droit à la liberté de réunion », estime le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, dans son enquête réalisée en juillet en Turquie.

Le Conseil de l'Europe recommande à la Turquie de revoir le cadre juridique actuel concernant les manifestations, qu'il juge trop restrictif. L'auteur du rapport critique aussi les arrestations et les poursuites qui ont visé médecins, avocats, enseignants, étudiants, syndicalistes et journalistes turcs. « Je suis particulièrement inquiet de l'effet négatif que ces mesures ont pu produire sur les libertés de réunion, d'expression ou de la presse », insiste M. Muiznieks.

Le commissaire recommande de lever tous les obstacles qui empêchent les enquêtes judiciaires concernant des membres des forces de l'ordre. Il critique aussi les pouvoirs étendus octroyés à la police, par exemple en matière d'utilisation d'armes à feu et de conservation de données à caractère personnel. M. Muiznieks préconise un mécanisme de plaintes contre la police qui soit totalement indépendant. Un projet de loi portant sur la création d'une commission de contrôle des forces de l'ordre est débattu dans le pays. Le commissaire estime que « malgré certains aspects positifs, la commission proposée ne pourrait pas remplir cette fonction ». (LC)

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