Bruxelles, 05/11/2013 (Agence Europe) - L'Union européenne et la Turquie ont officiellement ouvert, le 5 novembre, le chapitre sur la politique régionale et la coordination des instruments structurels (22), lors de la deuxième conférence d'adhésion avec la Turquie au niveau ministériel. Ce chapitre couvre « l'une des politiques fondamentales de l'UE, soutenant la création d'emploi, la compétitivité, l'innovation, la croissance économique, l'amélioration de la qualité de vie et le développement durable », a précisé le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle. Les ministres avaient donné leur aval à l'ouverture de ce chapitre le 22 octobre (EUROPE 10948).
Le ministre des Affaires européennes turc, Egemen Bagis, a salué cette ouverture, « tournant pour les relations entre l'UE et la Turquie ».Tout comme son collègue ministre du développement, Cevdet Yilmaz, il a considéré qu'il s'agit d'une « date à marquer d'une pierre blanche ». Répondant à la demande du commissaire à l'Elargissement de plus d'engagement, M. Bagis a assuré que la Turquie est prête non seulement à plus d'engagement mais « pour le mariage », « c'est-à-dire l'adhésion » à l'UE. « L'UE a besoin de la Turquie au moins autant que la Turquie a besoin de l'UE », a-t-il ajouté.
M. Füle a « vivement » souhaité qu'il ne faille pas attendre de nouveau 40 mois pour ouvrir un chapitre. Il a ainsi souligné que trois chapitres peuvent être ouverts, si la Turquie remplit les conditions: ceux sur les marchés publics (5), la concurrence (8) et la politique sociale et de l'emploi (19). Il a rappelé l'importance d'ouvrir les chapitres 23 et 24, bloqués par la République de Chypre. Interrogé sur des discussions pour leur déblocage, le commissaire a précisé que le « dialogue est continu au Conseil », et que « ces négociations se poursuivent en vue d'un consensus sur ces deux chapitres importants ». Soulignant que les États membres ont reconnu l'importance de l'ouverture de ces chapitres pour tous les pays candidats, M. Bagis a considéré que la Turquie doit « avoir cette possibilité » et que les chapitres doivent être ouverts « au- delà des conflits bilatéraux ». Il a salué le déblocage du chapitre 22 par la France, souhaitant que Paris lève son veto sur les 4 chapitres qu'il bloque toujours unilatéralement.
M. Füle a rappelé que huit chapitres sont bloqués sur recommandation de la Commission car la Turquie n'a pas répondu aux exigences fondées sur le protocole d'Ankara. Lorsque la Turquie fera face à ses engagements, alors la Commission proposera de lever ce blocus, ce qui permettra de « redonner de la vigueur au processus d'adhésion », a-t-il ajouté.
Avancées sur les visas
M. Bagis a également annoncé que l'UE et la Turquie sont « sur le point signer un accord de réadmission et de commencer les pourparlers sur la libéralisation des visas ». « Nous sommes très proches de la position de l'UE », a-t-il expliqué. « Les négociations se poursuivent au niveau du groupe de travail sur la réadmission et la libéralisation des visas », a complété M. Füle.
Par ailleurs, le commissaire se rend, jeudi 7 et vendredi 8 novembre en Turquie, à Istanbul et Ankara. (CG)