Bruxelles, 16/10/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne souligne une nouvelle fois que « les négociations d'adhésion doivent reprendre de l'élan », dans son rapport de suivi sur la Turquie, adopté mercredi 16 octobre.
Si l'ouverture du chapitre 22 sur la politique régionale, après plus de trois ans sans ouverture de chapitres de négociation, constituera « une étape importante », l'institution européenne explique qu'« il est dans l'intérêt de la Turquie et de l'UE que les critères de référence pour les chapitres 23 (Appareil judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (Justice, liberté et sécurité) soient convenus et communiqués à la Turquie dès que possible pour permettre une ouverture rapide des négociations ». Ces chapitres sont bloqués par Chypre. « Si nous voulons que la Turquie aborde la question des droits fondamentaux, alors ayons recours à l'outil le plus efficace »: les chapitres 23 et 24, a expliqué le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle.
Selon le rapport, les efforts de réforme ont continué, avec « un certain nombre de mesures importantes » dont l'adoption d'un quatrième paquet de réformes judiciaires, l'annonce d'un plan de démocratisation et le début des pourparlers de paix. La Commission ajoute que les efforts d'alignement de la Turquie avec l'acquis communautaire se sont poursuivis.
Mais des progrès restent à faire. Le rapport insiste sur « le besoin urgent » du développement d'une « démocratie véritablement participative ». La Commission précise que le climat politique continue d'être polarisé, ce qui se traduit, entre autres, par « une position intransigeante face à la dissidence et l'incapacité à protéger les libertés et droits fondamentaux », comme lorsque « la police a utilisé une force excessive en réponse à une importante vague de protestations » au printemps dernier (EUROPE 10858).
Ankara doit modifier davantage sa législation pénale et réformer son interprétation par les tribunaux pour assurer le respect des libertés fondamentales, « notamment les libertés d'expression et de réunion ». La signature de l'accord de réadmission et le démarrage simultané du dialogue sur les visas ont besoin d'avancer, précise le rapport. Enfin, la Turquie ne s'est toujours pas conformée à son obligation de mise en oeuvre intégrale et non discriminatoire du protocole additionnel à l'accord d'association, rappelle-t-il. (CG)