Bruxelles, 07/10/2013 (Agence Europe) - La résolution adoptée début octobre par l'Assemblée du Conseil de l'Europe (APCE - EUROPE 10935), mettant sur le même plan les mutilations génitales et la circoncision, assimilées toutes deux à de la violence contre les enfants, suscite la colère dans la communauté juive et plus modérément parmi les musulmans européens ou hors Europe. À ce jour, seul le Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé, samedi, la résolution. L'explication est donnée par l'association Europe-Israël qui, dans un texte public, y voit une « résolution anti-juive ». La résolution du Conseil de l'Europe, précise l'association, indique « que les enfants en âge d'être consultés (donc les musulmans) ont été exclus de la loi », écrit-elle.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié, vendredi, dans un communiqué relayé par différents sites communautaires, la résolution de « souillure morale » et a demandé à l'APCE de « l'annuler », en affirmant que « la circoncision des enfants de sexe masculin est une ancienne tradition religieuse pour le judaïsme et l'islam, et courante dans certains milieux chrétiens. Toute comparaison aux mutilations 'génitales féminines' est un acte d'ignorance effroyable au mieux, de la diffamation et de la haine anti-religieuse au pire ».
Les réactions les plus vives sont venues d'associations mixtes européennes et israéliennes, comme l'association Europe-Israël, pour qui « le Conseil de l'Europe, perfide, a accusé en bloc la circoncision masculine et la mutilation génitale féminine. Les deux pratiques ont été mises - arbitrairement mais astucieusement - sur un même plan car des milliers de femmes mutilées ont dénoncé la barbarie de l'excision, mais il serait difficile de trouver des hommes juifs qui se plaignent d'avoir été 'mutilés' 8 jours après leur naissance », selon la tradition juive, plus tard en âge pour les musulmans. Ainsi pour l'association, « seuls les Juifs sont visés, les musulmans étant préservés par ce projet de loi ! ». L'adoption de la résolution se traduirait, affirme-t-elle, par la recommandation: « Renoncez au judaïsme ou partez ». Lançant un appel à signer une pétition, elle écrit: « Les Européens n'aiment pas leurs juifs. Ils ne les ont jamais aimés. Cela fait 2 000 ans qu'ils s'acharnent contre eux. Et ils ne manquent jamais d'imagination pour les harceler. Cette démangeaison qui ne les quitte pas, ils viennent de trouver un nouveau moyen de la calmer - pensent-ils, car de toute évidence, la diabolisation par la calomnie d'Israël (…) fonctionne très mal ». L'occasion lui a été donnée de dresser une longue liste prouvant l'antisémitisme permanent des Européens.
L'association des organisations juives européennes (EJA) a, pour sa part, estimé que « l'argument médical n'est pas justifié » et conclu que « si la circoncision venait à être interdite en Europe, cela signifierait la fin d'une présence religieuse juive en Europe. Que l'on soit juif orthodoxe ou pas, toute atteinte à cette pratique religieuse signifiera que les juifs feront leurs valises et quitteront l'Europe ». (FB)