Bruxelles, 07/10/2013 (Agence Europe) - La mission du Parlement européen - l'ancien président du PE Pat Cox et l'ancien président polonais Alexander Kwasniewski - ont présenté, le 4 octobre, au président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, une demande de grâce pour l'ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko, selon l'avocat de celle-ci, Sergui Vlassenko. « J'ai rencontré les représentants de la mission du Parlement européen, Cox et Kwasniewski. Ils m'ont donné la permission de vous annoncer qu'aujourd'hui (le 4 octobre), au cours d'une rencontre avec Viktor Ianoukovitch afin de légaliser le voyage de Mme Timochenko à l'étranger, ils ont remis une pétition demandant une grâce signée », a-t-il indiqué, alors que MM. Cox et Kwasniewski ne se sont pas exprimés.
L'Allemagne a plusieurs fois proposé d'accueillir Mme Timoshenko pour qu'elle puisse y faire soigner ses hernies discales. Mais la loi ne prévoit pas la possibilité de transfert pour les personnes emprisonnées. Le 30 août, M. Ianoukovitch expliquait encore que « personne en Ukraine n'a actuellement de tels pouvoirs (pouvoir transférer Mme Timochenko en Allemagne), et le président non plus, la loi ukrainienne ne prévoyant pas cette possibilité pour les personnes détenues dans le pays » (EUROPE 10912). Selon M. Vlassenko, « une grâce lèverait cet obstacle et permettrait à Mme Timochenko de partir à l'étranger ».
Les Européens soutiennent la proposition
Sans s'exprimer sur les propos de M. Vlassenko, Peter Stano, le porte-parole du commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a indiqué à EUROPE que l'UE « apprécie et continue de soutenir les efforts de la mission Cox-Kwasniewski qui aborde la question de la justice politiquement motivée ». « Nous nous réjouissons de son rapport final au Parlement européen, le 15 octobre », a-t-il poursuivi.
Le ministre des Affaires étrangères lituanien, Linas Linkevicius, dont le pays assume la présidence de l'UE, a apporté son soutien à l'offre de la mission de « libérer Timochenko pour traitement médical ». C'est le « moment pour des compromis et des solutions », a-t-il expliqué sur son compte Twitter.
Le député européen PPE polonais Jacek Saryusz-Wolski a souligné, au nom de son groupe, son soutien à la demande de grâce de la mission Cox-Kwasniewski. « Dans le cadre de cette demande, le PPE reconnaît respectueusement l'accord de Mme Timochenko de se rendre en Allemagne pour un traitement médical, dont elle a un besoin urgent. Il appartient maintenant au président Ianoukovitch de résoudre la question en suspens de la justice sélective », a-t-il expliqué. Il a exhorté le président ukrainien « à faire preuve de sagesse et de sens politique pour son pays », et ainsi accepter la requête de la mission.
L'une des conditions pour la signature de l'accord d'association en novembre, lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius, est le règlement de la question de la justice sélective.
Mme Timochenko prête à partir en Allemagne
Mme Timochenko a fait part de son souhait d'être soignée en Allemagne. « J'accepte publiquement cette proposition non pas parce que je ne fais pas confiance aux médecins ukrainiens. Ce n'est pas (à eux que) je ne fais pas confiance, mais au régime », a-t-elle annoncé, le 4 octobre, citée par des médias ukrainiens. « Mon éventuel départ en Allemagne n'est pas une émigration. Je ne demanderai jamais l'asile politique. (...) Je participerai de la manière la plus active à la libération de l'Ukraine de la dictature », a-t-elle ajouté.
Le président ukrainien ne s'est pas encore exprimé sur la demande de grâce, ni ne l'a confirmée. (CG)