login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10936
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

La PAC à la française ne fait pas l'unanimité dans l'hexagone

Bruxelles, 04/10/2013 (Agence Europe) - La déclinaison en France de la future politique agricole commune (PAC), telle qu'annoncée par le président français, François Hollande, mercredi 2 octobre, ne fait pas l'unanimité: si la puissante FNSEA semble satisfaite, certains, comme les céréaliers ou les syndicats minoritaires, ne cachent pas leur déception.

La FNSEA est le principal syndicat agricole avec plus de 50% des votes des agriculteurs. Une fédération puissante, relayée par de nombreuses associations spécialisées, que le gouvernement socialiste ne peut ignorer. Alors, quand M. Hollande a dévoilé mercredi la PAC à la française, version 2014-2020, certains, comme José Bové, député européen mais surtout ancien leader de la Confédération paysanne, ont estimé que le président s'était « couché devant la FNSEA ». Certes, la FNSEA a plutôt salué l'ambition présidentielle, son président, Xavier Beulin, relevant « la volonté d'avoir une agriculture compétitive, performante » et celle de « conforter l'élevage en France ». Un ton plutôt positif alors que le président français a validé le dispositif de 'surdotation' (surprime) des 52 premiers hectares favorable aux petites et moyennes exploitations, à laquelle le syndicat était pourtant farouchement opposé.

Mais, au sein de la FNSEA, tous ne sont pas satisfaits. À commencer par les céréaliers. Car, en réorientant près d'un milliard d'euros en faveur de l'élevage et en décidant d'aller vers plus d'équité dans le versement des aides à l'hectare (avec une convergence à 70%, permettant à chaque agriculteur de toucher au moins 70% de la moyenne nationale par hectare), M. Hollande « expose l'agriculture performante et les céréaliers français à de lourdes pertes de revenus et à des distorsions de concurrence insupportables » en Europe, estiment leurs deux associations, l'AGPB et l'AGPM.

Les premiers éleveurs à réagir semblent eux plutôt contents: la Fédération nationale ovine (FNO) salue un « compromis » qui est, « dans l'ensemble, favorable à l'élevage ». Mais du côté des syndicats minoritaires, c'est la déception. La Coordination rurale, syndicat plutôt marqué à droite, comme tout le monde agricole à l'exception de la Confédération paysanne, estime que cette PAC « n'est qu'une option politique de circonstance sans vision stratégique ». À la Confédération paysanne, on nourrissait de grands espoirs. « La majoration sur les 52 premiers hectares, c'est LA mesure de Stéphane Le Foll, arrachée fièrement à Bruxelles avec la possibilité d'y consacrer 30% du budget. Pourtant, malgré tout, l'enveloppe sera limitée à 20% (du budget des aides directes, ndlr), histoire de ne pas trop amputer les revenus des grandes exploitations », poursuit le syndicat. « La convergence a, elle aussi, été réduite comme peau de chagrin. Avec un objectif de seulement 70% en 2019, cela maintient l'iniquité », poursuit-il alors que la France pouvait aller jusqu'à 100% de convergence.

La France, premier bénéficiaire de la PAC, dispose de 63,7 milliards d'euros pour les sept prochaines années (2014-2020) à partager entre les agriculteurs: 7,7 milliards d'euros d'aides directes par an (1er pilier) plus 1,2 milliard d'aide au développement rural (2ème pilier). Elle bénéficiait de 9,3 milliards en 2013.

La priorité de la France est, selon les orientations de M. Hollande, de défendre l'élevage en mobilisant les leviers qui permettent le mieux d'orienter les aides. Au total, près d'un milliard d'euros d'aides PAC seront réorientés vers l'élevage à horizon 2019. La France souhaite aussi: - soutenir les productions animales avec les aides couplées (hausse des « aides couplées » de 10 à 15% du budget du 1er pilier, mise en place d'une prime à la vache laitière et d'une aide à l'engraissement, 150 millions d'euros pour développer l'autonomie fourragère des élevages par le soutien à la production de protéines végétales (luzerne, protéagineux...) ; - encourager l'installation des jeunes (1% d'aide sur le 1er pilier, soit 75 millions d'euros, pour aider 10 000 installations et 25 millions de plus sur le second pilier) ; - améliorer les instruments de prévention et de gestion des risques ; - favoriser la transition écologique des systèmes d'exploitation (doublement du budget consacré aux mesures agro-environnementales et doublement du budget pour l'agriculture bio) ; - soutenir l'activité et l'emploi dans toutes les exploitations (surdotation des aides sur les 52 premiers hectares grâce à une enveloppe de 20% des aides du 1er pilier, avec une mise en place progressive de 2015 à 2018 ; - réduire les disparités entre agriculteurs en quittant les références historiques (convergence progressive des aides pour atteindre 70% en 2019, avec plafonnement à 30% des pertes individuelles liées à la convergence). (LC)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL - CULTURE
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CALENDRIER