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Bulletin Quotidien Europe N° 10936
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Christofias accablé par une enquête sur les causes de la crise

Bruxelles, 04/10/2013 (Agence Europe) - Les conclusions rendues la semaine dernière par le comité d'investigation, qui était chargé d'enquêter sur les causes de la crise à laquelle Chypre fait face, accable le gouvernement Christofias.

Le rapport, qui sera lu publiquement par le président du comité ce lundi 7 octobre, a fuité jeudi 3 octobre sur le site Sigma Live. Ses conclusions sont sans équivoque. Il établit que « la première et principale personne responsable d'avoir amené l'économie de notre pays au bord de la faillite est l'ancien président de la République, Demetris Christofias ». Le président Christofias a quitté ses fonctions en février 2013, au moment où les négociations sur une assistance financière de l'eurozone battaient leur plein.

Le présent rapport pointe en premier lieu sa gestion du budget de l'État, loin d'être équilibré en dépit des conseils des experts, que, selon le document, il ignorait sciemment. « Il n'avait aucune modération », indique le rapport, cité par le Cyprus Mail.

Ensuite lui est reproché son mutisme, lorsque l'eurozone a pris la décision d'imposer des pertes sèches aux détenteurs privés de dette grecque au printemps 2012. Les banques chypriotes y ont laissé pas moins de 4,5 milliards d'euros, soit 25% du PIB. Le gouvernement avait alors été contraint de les remettre à flot. N'en ayant pas les moyens, il avait alors appelé la zone euro et le FMI en renfort. Or, un prêt des Européens qui aurait couvert les besoins des banques chypriotes aurait rendu le fardeau de la dette insoutenable. En janvier 2013, les premières rumeurs d'une mise à contribution des déposants ont circulé, créant des retraits massifs de capitaux des banques, déjà sur le fil. Dans une tentative de rattraper le coup, M. Christofias avait écrit au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour que l'aide accordée aux banques de son île évite de transiter par le budget national, processus appelé 'recapitalisation directe' par le MES (EUROPE 10765).

Le rapport du comité n'épargne ni le cabinet du prédecesseur de Nicos Anastasiades, ni ses partenaires gouvernementaux, ni même l'actuel gouvernement de M. Anastasiades. Ce dernier ne se serait pas préparé correctement aux négociations de mars, qui ont mené à de lourdes pertes pour les déposants des banques chypriotes et qui ont rendu nécessaire des mesures de contrôle du mouvement des capitaux.

Le président Christofias avait déjà fait l'objet de vives critiques de la part de la Commission européenne pour son temps de réaction alors que l'état de l'économie se détériorait. Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques et monétaires, avait déclaré, en mai dernier, qu'il avait averti les autorités chypriotes en hiver 2011 des problèmes qui s'accumulaient (EUROPE 10843). « Il est regrettable qu'il ait fallu à Chypre plus de la moitié d'une année pour accepter la gravité de sa situation et la non-viabilité de son modèle d'affaires. Et il est également regrettable qu'il ait fallu à Chypre neuf mois de plus pour arriver à un accord avec l'Eurogroupe », avait-il déclaré.

En parallèle, l'agence de notation Moody's a estimé que la perspective pour les banques restait négative, du fait de l'environnement difficile (récession prononcée et perte de confiance dans le système bancaire). L'office chypriote des statistiques a, pour sa part, annoncé, vendredi 4 octobre, une augmentation de 38,8% du chômage en septembre, par rapport à septembre 2012. (EL)

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