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Bulletin Quotidien Europe N° 10918
Sommaire Publication complète Par article 27 / 33
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Remise en ordre dans la politique d'émigration

Bruxelles, 10/09/2013 (Agence Europe) - Le souverain marocain a pris acte des critiques faites à l'encontre de son pays sur le traitement réservé aux migrants subsahariens transitant par son territoire. Il a aussi donné son aval à des conclusions relativement critiques du CNDH (Centre national des droits de l'homme), reconnaissant toutefois que le pays devait faire face seul à un problème accentué par la « mondialisation des flux migratoires ». Le Maroc constate qu'il est lui-même dans la «conjonction de dynamiques migratoires diversifiées, (devenu) insensiblement mais de manière irréversible un pays cosmopolite ».

Un communiqué royal affirme que Mohamed VI « a pris note des recommandations pertinentes du CNDH et réitéré sa conviction que la problématique migratoire, objet de préoccupations légitimes et parfois sujet de polémiques, doit être approchée de manière globale et humaniste, conformément au droit international et dans le cadre d'une coopération multilatérale rénovée ». Un feu vert implicite est ainsi donné à la mise en œuvre d'une longue liste de recommandations, dont le respect des droits des migrants conformément à la constitution du pays et aux engagements internationaux, par exemple le non-refoulement.

« Sans contester sur le principe le droit des autorités marocaines de contrôler l'entrée et le séjour des étrangers et leur devoir de lutter contre les trafics humains », le rapport affirme que « les pouvoirs publics ne peuvent, dans l'accomplissement de ces missions, se soustraire aux dispositions constitutionnelles et aux engagements internationaux ». Il appelle aussi à réviser « la figure, largement médiatisée mais réductrice, du subsaharien errant sur les routes, acculé à recourir à la charité publique ou s'attaquant régulièrement et en groupe, aux frontières des deux enclaves espagnoles ».

En réalité, argumentent les auteurs du rapport, le Maroc est soumis à une « situation historiquement inédite » et a dû agir de « manière ad hoc, par touches successives, sans que leurs initiatives ne soient conçues de manière globale et adaptée aux nouvelles réalités ». En cause, principalement, la « mondialisation » du phénomène: 240 millions de migrants internationaux en 2012 (dont 740 millions en interne, dans leur zone) et, souligne le rapport, « les migrations constituent aujourd'hui, un peu partout dans le monde, un sujet de préoccupation et de débat constants, voire de controverse, interpellant à la fois pouvoirs publics, sociétés civiles, chercheurs et mécanismes internationaux des droits de l'homme ».

Le phénomène serait quantifié: il est « inégalement réparti avec 97 millions de migrations Sud-Nord, 74 millions de migrations Sud-Sud, 37 millions de migrations Nord-Nord, 40 millions de migrations Nord-Sud, le reste étant constitué par des migrations Est-Ouest et, plus rarement, Ouest-Est. Ces chiffres révèlent d'abord la mondialisation des flux, à l'œuvre (..) qui fait qu'aujourd'hui, de plus en plus de pays sont à la fois (...) des pays d'émigration, de transit et d'immigration ». Le pire est l'existence de « réseaux transnationaux diasporiques et de réseaux sophistiqués spécialisés dans la traite des êtres humains, la féminisation des flux, le prolongement des routes migratoires, la diversification des profils des migrants et des réfugiés et l'élévation de leur niveau socioculturel ». Et, dans ce cadre, « le Maroc subit incontestablement les effets de la politique drastique de contrôle par l'Europe de ses frontières extérieures ».

Le rapport conclut qu'avec le soutien de l'UE, une politique de contrôle des tentatives d'émigration irrégulière a été mise en place, « avec un réel succès comme en témoignent les chiffres d'interpellation et les nombreuses déclarations de satisfaction des divers pays européens ». (FB).

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