Bruxelles, 10/09/2013 (Agence Europe) - L'approche coordonnée proposée par la Commission européenne pour prévenir et gérer les dégâts astronomiques des espèces exotiques envahissantes dans l'Union européenne a été qualifiée de « bon début » par l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN selon l'acronyme anglais), mardi 10 septembre 2013 (EUROPE 10917).
Selon l'IUCN, pour parfaire ce bon début, il convient notamment d'améliorer la procédure de sélection des espèces à combattre en priorité et de prévoir les ressources financières suffisantes pour permettre une réaction urgente et efficace en cas d'invasion de ces espèces.
« La proposition de la Commission ouvre la voie à plus et mieux en termes d'action coordonnée en Europe et dans les territoires d'Outre-mer. La prévention, les systèmes d'alerte rapides, les mesures d'éradication et de contrôle contenues dans la proposition ont le soutien des experts de l'IUCN car elles vont dans la bonne direction mais certains éléments méritent d'être clarifiés, comme le processus d'identification des espèces prioritaires », commente Luc Bas, directeur du bureau de l'IUCN auprès de l'UE.
La liste des 50 espèces prioritaires que la Commission propose serait établie par un comité composé de représentants des États membres et des institutions de l'UE. Ce comité aurait également la prérogative d'ajouter ou de retirer des espèces à la liste. Or, de l'avis de l'IUCN, le plafond de 50 espèces est beaucoup trop bas pour que puisse être atteint l'objectif de l'UE et de la communauté internationale en matière de biodiversité (mettre un terme à la perte de la biodiversité et à la détérioration des services de l'écosystème pour 2020), et le délai de 5 ans dans lequel procéder à une éventuelle révision de la liste ne garantit pas la flexibilité requise pour une réaction précoce aux nouvelles menaces.
« Le processus qui permet d'ajouter des espèces à la liste est d'une importance cruciale. Il devrait être efficace et fondé sur la science. Les décisions devraient être prises sur la base de recommandations formulées à l'issue d'une évaluation des risques et non pas sur la base des intérêts politiques », déclare Piero Genovesi, président du groupe d'experts sur les espèces envahissantes de la commission de l'IUCN sur la survie des espèces. Aussi, l'IUCN appelle-t-elle à l'implication dans ce comité d'acteurs clés, autres qu'institutionnels, et d'experts scientifiques.
En outre, l'IUCN juge essentiel que les ressources financières nécessaires pour mettre en œuvre les mesures prévues soient disponibles tant à l'échelle de l'UE qu'au niveau national, en particulier pour permettre une réaction urgente aux invasions de ces espèces exotiques envahissantes. Cela, en tirant les enseignements des échecs expérimentés en France (pour la Vespa velutina), en Espagne (pour le Procyon lotor), en Italie (pour le Sciurus carolinensis), en Suède (Arion vulgaris) et dans la région des Caraïbes (genus Pterois). C'est avec l'implication de tous les acteurs et des ressources financières suffisantes que les rats ont pu être éradiqués de l'île méditerranéenne de Montecristo, souligne l'IUCN. (AN)