Bruxelles, 25/07/2013 (Agence Europe) - Alors qu'Athènes peine à rentrer dans les clous lorsqu'il s'agit du programme de privatisations, avec notamment le récent manque apparent d'intérêt pour la compagnie gazière DEPA, une action collective menée par une centaine d'organisations de la société civile, syndicats et particuliers, grecs comme étrangers, pourrait encore venir lui mettre des bâtons dans les roues.
Ceux-ci ont cosigné, de concert avec cinquante députés européens, une lettre priant les entreprises intéressées par l'acquisition de la compagnie des eaux de Thessalonique, Eyath, de retirer leur offre. Mettant en avant le fait que la cessation de ce bien public est orchestrée par la 'troïka' de créanciers du pays (Commission européenne, BCE, FMI), la missive prévient les entreprises ayant soumis une offre, dont le Français Suez Environnement, qu'elles ne seront en aucun cas bien accueillies sur le sol grec. La mise en garde est sans détour: « Les compagnies impliquées trouvent leur réputation ternie, leur crédibilité en lambeaux, leurs risques augmentés et leurs profits limités. »
L'histoire internationale a déjà démontré que « la privatisation de l'eau a souvent entraîné la flambée des prix et, dans certains cas, la détérioration de la qualité de l'eau », s'est inquiétée Maria Kanellopoulou, de l'initiative 'Save Greek Water'. Non seulement elle n'est pas bienvenue, mais cette privatisation ne pourrait même pas aider la Grèce « à sortir de la crise », a considéré Kriton Arsenis, député européen (S&D, Grèce). La Fédération syndicale européenne des services publics (EPSU) a, quant à elle, brandi un récent sondage selon lequel 65% des citoyens grecs sont opposés à la privatisation de l'eau.
Devant satisfaire les créanciers sur d'autres fronts que le programme de privatisations, les députés grecs devaient se réunir, jeudi soir, pour mettre en œuvre la dernière action préalable au versement d'une tranche de 2,5 milliards d'euros de l'Eurozone (EUROPE 10895). Celle-ci concerne la réduction de la fonction publique, où certains retards ont également été pris. (EL)