Bruxelles, 25/07/2013 (Agence Europe) - Le plan d'action de la Commission européenne relatif au secteur de la défense et de la sécurité, présenté mercredi 24 juillet (EUROPE 10894 et 10895), a provoqué des réactions contrastées chez trois eurodéputés, dont deux siègeant à la sous-commission sécurité et défense (SEDE) du Parlement européen.
Le conservateur britannique Geoffrey Van Orden n'a pas été convaincu par le président de la Commission lorsque celui-ci a assuré en conférence de presse que cette initiative ne témoigne en rien d'une quelconque ambition militaire de l'UE. Mais, pour M. Van Orden, la Commission est « obsédée par la création d'une base industrielle et technologique de défense (BITD) de l'UE, qu'elle considère comme fondamentale pour ses ambitions militaires ». Le problème que cela pose ne se situe pas seulement dans le fait qu'il s'agit d'un pas dissimulé vers « l'intégration politique européenne », mais aussi dans le fait qu'aujourd'hui rien ne permet d'affirmer que l'implication des institutions européennes dans le secteur de l'industrie de la défense sera bénéfique, a-t-il indiqué, par la voie d'un communiqué.
Cet avis n'est pas du tout partagé par Arnaud Danjean (PPE, France), président de la sous-commission SEDE. Pour lui, « la possibilité d'acquisition, par l'UE, de certaines capacités civilo-militaires, ainsi que les investissements communautaires possibles dans la recherche et le développement de ces technologies duales, sont des pistes prometteuses ». Si le travail de la Commission est « légitime », c'est aux États membres, « qui conservent l'essentiel des responsabilités en matière de défense », de prendre « pleinement conscience de la menace de déclassement stratégique du continent européen » et de s'accorder « sur les priorités politiques et capacitaires pour enrayer cette tendance dramatique ». Même son de cloche chez son compatriote Jean-Pierre Audy (PPE), pour qui la « diminution des budgets nationaux en matière de défense doit nous conduire à l'idée de mutualisation européenne » et à soutenir « notre industrie de défense par la recherche ». (JK)