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Bulletin Quotidien Europe N° 10896
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) recherche

Le Conseil inquiet du manque d'employés qualifiés

Bruxelles, 25/07/2013 (Agence Europe) - Un taux de chômage dans l'UE des plus élevés ne peut que susciter un étonnement face au besoin d'avoir 800 000 scientifiques et chercheurs supplémentaires. C'est donc une situation des plus « bizarres », à laquelle l'UE se doit d'apporter une réponse, en favorisant entre autres les formations spécialisées, a constaté le ministre lituanien de l'Éducation et de la Science, Dainius Pavalkis, à l'issue de la réunion informelle à Vilnius du Conseil 'Compétitivité', mercredi 24 juillet.

La seconde journée du Conseil a ainsi été entièrement dédiée au volet 'recherche' et à la difficulté posée par le manque de travailleurs qualifiés dans le secteur de la science et de l'innovation. Alors que, globalement, il y a déjà deux millions d'emplois non pourvus dans l'UE, selon la présidence lituanienne du Conseil, c'est jusqu'à 800 000 scientifiques et chercheurs qui manquent à l'appel, notamment des biologistes, des pharmacologues, des médecins, des infirmiers et des ingénieurs. Pourtant, ce ne sont pas les atouts qui manquent en faveur de tels emplois. Comme l'a souligné un récent rapport d'Eurofound sur la polarisation de l'emploi et du travail de qualité durant la crise, « trois des six principales catégories d'emplois les plus rémunérés qui sont en pleine croissance étaient des professions scientifiques ou d'ingénierie dans les secteurs de la haute technologie ou de l'industrie lourde », notamment en Allemagne.

L'enjeu pour l'UE concerne à la fois l'emploi et l'innovation et par ricochet la compétitivité. Pour cette raison, la commissaire Máire Geoghegan-Quinn (Recherche et Innovation), présente à Vilnius, a insisté sur le fait que cette difficulté d'ajuster l'offre et la demande sur le marché du travail scientifique est « l'un des domaines clés de la politique européenne où nous avons beaucoup de travail à faire ». Ce travail devrait se traduire par trois domaines d'action prioritaires, en recourant aux instruments européens, pour « tendre une passerelle entre la science et le monde du travail », selon M. Pavalkis. Il faut « concilier l'offre et la demande de compétences sur le marché du travail, faire s'asseoir autour de la même table de discussions enseignants et hommes d'affaires, et tirer efficacement profit de notre potentiel dans le domaine de la science et de l'innovation ».

Ce problème est commun à la majorité des pays de l'UE. Encore aujourd'hui, ceux qui s'inscrivent dans les écoles supérieures continuent de choisir des domaines où le chômage est élevé, a affirmé Marijk van der Wende, professeur au Collège de l'Université d'Amsterdam, lors d'une session avec les ministres, relate un communiqué de la présidence. Il devient donc nécessaire, selon M. Pavalkis, que l'UE repense « comment son système d'enseignement pourrait développer les compétences qui sont nécessaires au marché du travail (…), car il est important que les jeunes se dirigent vers les sciences naturelles et technologiques, l'ingénierie et les mathématiques, et que le plus de jeunes possible se lancent sur le chemin de la recherche ». (JK)

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