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Bulletin Quotidien Europe N° 10892
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) irlande

Sortie du plan d'aide, Noonan ouvre la voie à une aide préventive

Bruxelles, 19/07/2013 (Agence Europe) - L'Irlande pourrait faire appel à une aide de ses créanciers internationaux sous la forme d'une ligne de crédit préventive du FMI et du Mécanisme européen de stabilité (MES), lorsque son plain d'aide s'achèvera à la fin de l'année.

Le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, a indiqué, jeudi 18 juillet, le souhait du gouvernement de disposer d'un soutien financier ('backstop') afin de « renforcer la confiance » envers le pays dans la phase post-programme où il retrouvera son autonomie financière, rapporte le quotidien Irish Times. D'une durée d'un an, les lignes de crédit auprès du FMI et du MES envisagées ne seraient activées qu'en cas de difficultés budgétaires. Elles seront assorties de conditions que les Irlandais souhaitent limiter à leurs obligations actuelles au regard du traité, convaincus que les mesures envisagées diffèrent d'un 2ème plan de sauvetage. Si les discussions entre Dublin et ses créanciers aboutissent d'ici à la fin de l'année, l'Irlande deviendrait ainsi le premier pays de l'Eurozone à en bénéficier.

Maintenir l'effort budgétaire. Le FMI a demandé aux autorités irlandaises de respecter leur engagement de réduire leur déficit budgétaire de 3,1 milliards d'euros en 2014, tel qu'inscrit dans le programme irlandais. Ce qui compte, c'est le montant des économies réalisées plus que la baisse du ratio déficit/PIB, a estimé son représentant, Craig Breaumont. Or, l'augmentation des maturités des prêts accordées à l'Irlande (et au Portugal) au printemps octroie une marge de manœuvre aux autorités irlandaises afin de ralentir les réductions des dépenses (EUROPE 10845). Au sein du gouvernement irlandais, des voix s'élèvent d'ailleurs pour desserrer l'étau même si M. Noonan a refusé, à ce stade, d'aller dans ce sens.

À la suite de sa 11ème mission à Dublin, la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a attribué un nouveau satisfecit au gouvernement irlandais sur la mise en œuvre du programme d'ajustement en échange d'une aide financière. Cette évaluation positive ouvre la voie au décaissement de tranches d'aide de 2,3 milliards d'euros du FESF, de 800 millions du FMI et de 300 millions de prêts bilatéraux.

Les créanciers de Dublin s'attendent à une croissance « modeste » pour 2013 en Irlande (augmentation de 1,1% du PIB selon la Commission), alors que de récents indicateurs économiques témoignent d'« une activité plus faible que prévu ». La confiance croissante des marchés se traduit par la baisse continue des taux d'intérêt sur la dette à 10 ans, actuellement inférieurs à 4%. « Toutefois, ces gains sont fragiles et doivent être consolidés à travers une mise en œuvre déterminée du programme », souligne la 'troïka'. Qui met en garde: « Le budget 2014 devrait faire diminuer la dette et le déficit élevés conformément aux engagements de l'Irlande. » Alors que la Commission table sur un déficit 2013 de 7,5%, l'Irlande doit ramener en 2014 son déficit à 5,1% du PIB.

La 'troïka' appelle l'Irlande à poursuivre l'assainissement du secteur financier en s'attaquant, en priorité, au niveau élevé d'arriérés de remboursement des prêts octroyés aux particuliers et aux PME. Autre « défi »: la réduction du chômage qui reste élevé, même s'il est au plus bas depuis trois ans (le chômage dépasse 14% depuis 2011, selon la Commission). Sont préconisés un redéploiement de la main d'œuvre vers des secteurs porteurs et une libéralisation accrue des marchés protégés. (MB)

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