login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10887
Sommaire Publication complète Par article 32 / 36
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Asseoir la « dimension territoriale » (Luis Valcárcel Siso)

Bruxelles, 12/07/2013 (Agence Europe) - Quels choix opérer pour sortir la politique méditerranéenne de l'impasse actuelle dans laquelle la placent à la fois les bouleversements sur la rive sud et, aussi, l'absence de perspectives ? Elle demeure en tout cas insuffisamment séduisante pour les investisseurs privés, alors que seuls paraissent intéressés les fonds institutionnels publics dont la motivation est cependant plus politique qu'économique. Quels choix, sinon le niveau local, régions et regroupements de régions, y compris des synergies entre autorités locales communautaires et non communautaires, répond le co-président de l'ARLEM (Assemblée des régions euro-méditerranéennes), Luis Valcárcel Siso, qui est président du CdR (Comité des régions européen) et à la tête de la Région de Murcie (Espagne). Il affirme, dans une interview à EUROPE, l'intérêt de doter la politique méditerranéenne d'une « dimension territoriale » qui représente une ambition majeure pour l'ARLEM. Pour le CdR, elle est une des voies sûres pour donner un contenu à une politique méditerranéenne globalement sous le risque de panne.

« Le risque est là, sous les yeux de tous », affirme M. Valcárcel. En cause, « la difficulté de bâtir une politique cohérente et durable pour le futur » car « les processus de transitions démocratiques sont lents et instables » en plus des « conflits traditionnels ». La Méditerranée « était et reste une des régions les plus instables et les moins intégrées du monde. Nous souhaitons l'aboutissement du processus de transition démocratique dans (cette) région située à quelques kilomètres de nos rives, dont le potentiel n'est pas négligeable » et dans cet esprit et à ce stade, « aucun pays - surtout pas l'UE en tant que telle - ne doit ralentir le processus de dialogue ou freiner les structures créées depuis 2008, alors que le sentiment est que l'UE ne fait, en Méditerranée, que gérer des 'affaires courantes ». « Le voisinage méditerranéen n'est pas considéré comme une zone stratégique pour l'ensemble des 28 pays membres » et la zone « est trop souvent traitée, uniquement, lors des situations de crise ou d'urgence ». Il regrette le « manque de vision » chez certains États membres. « Le développement des pays riverains de la Méditerranée va être vital pour le futur économique et social de l'Europe. » L'enjeu est grand, rappelle-t-il: il y a des intérêts commerciaux mutuels et « il faut notamment développer des infrastructures qui permettent la mobilité des biens et le développement territorial ; nous devons ensemble travailler contre la pollution, le changement climatique, la gestion locale de l'eau, l'utilisation efficiente de l'énergie et la gestion des déchets ». M. Valcárcel affirme que « des régions et villes européennes sont déjà capables de promouvoir des actions nouvelles sur tous les plans: économique, social, culturel, solidaire, stratégique. La city-diplomacy (la diplomatie de la citoyenneté locale) devient de plus en plus un outil à exploiter par la diplomatie traditionnelle et est à la disposition de l'UE: ces villes et régions, forment avec le CdR, la partie vivante de l'UE et il faudrait davantage les considérer lors de toute action menée dans la politique de voisinage et au titre de la coopération décentralisée ». « La dernière réunion de l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) en Palestine et ma visite en Israël du mois de juin témoignent de la volonté de garder ouverts tous les canaux de dialogue et de coopération multilatérale. »

L'UpM (Union pour la Méditerranée) n'a pas les moyens de ses ambitions. M. Valcárcel critique ce « manque de moyens » de la structure de Barcelone. « Nous avons souvent l'impression qu'un mur d'eau est en train de nous séparer alors que les investissements, publics (à partir d'une banque d'investissement euro-méditerranéenne dont nous souhaitons la création) comme privés, devraient s'installer dès que possible. Malheureusement le CFP (cadre financier pluriannuel 2014-2020) ne contribuera pas à changer la donne. » Le secrétariat de l'UpM, qui « fait un très bon travail » ne peut de ce fait « jouer à plein son rôle », c'est un « acte de myopie » de la part des États.

M. Valcárcel estime que l'UE devrait commencer à penser à son action sur la rive sud en termes de politique régionale, de fonds structurels, peut-être de macro-régions (régions européennes et des pays non membres voisins, ndlr): les résultats obtenus dans les régions et villes européennes avec la politique de cohésion depuis 20 ans incitent à emprunter cette voie.

Sur le rôle de l'ARLEM, directement, M. Valcárcel rappelle qu'elle est née (en 2010) bien avant les 'révolutions', pour donner une « dimension territoriale » au dialogue euro-méditerranéen, qui faisait défaut dans le processus de Barcelone. « Les récents mouvements populaires ont témoigné de la nécessité extrême d'un développement économique et social territorial, accompagné d'un processus de décentralisation qui peut faciliter le renforcement du processus démocratique dans chaque pays partenaire. Notre idée est donc d'accompagner le débat euro-méditerranéen pour l'amener sur le terrain, en utilisant les instruments de la coopération multilatérale, gérée ou cogérée par les collectivités régionales et locales. Nous travaillons avec le secrétariat de Barcelone à identifier des projets concrets, portant par exemple sur la promotion de mesures de capacity building dans des secteurs clés de développement territorial et urbain ou dans la gestion locale de l'eau. Nous passons du politique au concret. » (FB)

 

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CALENDRIER