login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10887
Sommaire Publication complète Par article 20 / 36
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Gaz de schiste, l'Europe en ordre dispersé

Bruxelles, 12/07/2013 (Agence Europe) - Paris réaffirme l'interdiction en France de l'exploitation du gaz de schiste, pour laquelle la Commission doit proposer cet automne un cadre législatif.

Au lendemain de ses propos prônant l'exploitation d'un gaz de schiste « écologique » au sein d'une « compagnie publique et nationale », le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est vu recadrer par son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui a rappelé jeudi 11 juillet qu'il était « exclu d'exploiter des gaz de schiste en France », précisant que « cette position sera évidemment maintenue ».

Interdite en France depuis la mi-2011, en raison de ses risques pour l'environnement, la fracturation hydraulique, seule technique existante à ce stade pour extraire du gaz ou du pétrole de schiste, ne l'est pas partout ailleurs dans l'UE. À l'heure actuelle, l'Europe, qui dispose de réserves de schiste évaluées entre 3 000 et 12 000 milliards de m3, est en ordre dispersé sur ce dossier. Car, si l'exploitation du gaz de schiste a participé à la relance économique aux États-Unis, ses risques pour l'environnement inquiètent les Vingt-huit.

À l'heure actuelle, une interdiction est aussi en vigueur en Bulgarie. La prudence est de mise aux Pays-Bas, où un moratoire sur les forages est décrété le temps d'enquêter sur les risques. Le même type d'évaluation est en cours en Belgique. La République tchèque prépare un moratoire pour suspendre tout projet de recherche pendant deux ans. L'Italie assure que cette ressource ne s'inscrit pas dans sa stratégie nationale.

L'exploitation est en revanche autorisée et des permis de recherche ont été accordés en Pologne, en Espagne, au Royaume-Uni, en Hongrie et en Roumanie. La Lituanie a voté fin mai une loi ouvrant la voie à un contrat de prospection et d'exploitation avec l'énergéticien américain Chevron. S'ils restent réticents sur la fracturation, la Suède et le Danemark ont délivré quelques permis d'exploration.

L'Allemagne n'a pour l'heure ni forage ni permis, mais sa chancelière Angela Merkel ne se montre pas totalement opposée à la fracturation, répétant que l'absence de risques doit être démontrée et son utilisation encadrée. En Autriche, une étude d'impact environnemental doit précéder tout forage d'exploration.

La bataille du schiste fait rage dans la sphère décisionnelle de l'UE où, emmenés par la Pologne, dotée des plus grosses réserves du continent, l'Espagne, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Lituanie militent pour l'exploitation libre de leurs ressources et contre une législation européenne contraignante qui alourdirait les coûts d'extraction. La Commission doit proposer un cadre législatif cet automne. En son sein, le président Barroso et son commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger voient plutôt d'un bon œil une exploitation contrôlée, au niveau environnemental, des gaz non conventionnels. (EH)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CALENDRIER