Bruxelles, 12/07/2013 (Agence Europe) - Le gouvernement portugais a demandé jeudi soir le report de la visite de la 'troïka' dans le pays, qui était prévue à partir de lundi 15 juillet, et cela d'ici à fin août ou début septembre. Le gouvernement a demandé que les deux prochaines missions, les 8ème et 9ème évaluations, se déroulent en même temps, le gouvernement mettant en avant la situation politique actuelle. Le Portugal a formulé cette demande pour que le « programme d'ajustement soit conclu dans les délais prévus ».
Le gouvernement allemand admet la situation politique difficile du pays. « Nous partons du principe qu'il est dans l'intérêt du Portugal de maintenir le cap », a déclaré une porte-parole. « Mais dans le même temps nous avons de la compréhension pour la situation politique difficile. »
Pour la Commission européenne, cette demande de report de la mission ne doit en tout cas pas être observée avec plus d'inquiétude que nécessaire. « La troïka est pleinement d'accord avec la demande du Portugal de reporter la mission », a expliqué Simon O'Connor, porte-parole du commissaire Olli Rehn. « La fusion des 8ème et 9ème évaluations du programme n'est absolument pas un drame. Les besoins de financement du pays sont déjà couverts pour toute l'année en cours et il n'y aura aucune conséquence pour le reste du programme », a-t-il poursuivi, et la « dixième évaluation aura lieu comme prévu vers la fin de l'année ».
Le gouvernement de centre droit dirigé par Pedro Passos Coehlo a manqué d'exploser au début du mois de juillet sous le coup de démissions successives, dont celle du ministre des Finances, et de la lassitude des Portugais vis à vis des mesures d'austérité. Le président du pays, Anibal Cavaco Silva, a apporté un soutien à la formule de gouvernement proposée par le Premier ministre et faisant du ministre Paulo Portas le vice- Premier ministre en charge des relations avec la 'troïka'. Mais le président a en même temps appelé à la formation d'un gouvernement d'union nationale et à des élections législatives à fixer dès la fin du plan d'aide, soit à partir de juin 2014. Pedro Passos Coelho s'est d'ailleurs déclaré vendredi ouvert au dialogue avec l'opposition socialiste. (SP)