login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10865
Sommaire Publication complète Par article 26 / 32
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) turquie

Pour les manifestants, la Turquie vit une révolution

Strasbourg, 12/06/2013 (Agence Europe) - Les manifestations actuelles en Turquie sont une « révolution », ont souligné plusieurs manifestants de la place Taksim d'Istanbul, au Parlement européen, le 11 juin. « Une révolution est en train d'avoir lieu », a souligné Rojda Tekin, des Musulmans anti-capitalistes. Si les événements ont commencé à cause de « quelques arbres coupés », il y a une base « beaucoup plus importante que cela », selon elle. Telle que la lassitude du peuple face à des discours qui ne répondent plus à sa volonté et le fait qu'une personne décide de tout. Cela « a commencé à gêner le peuple lentement, ceci s'est fait ressentir » dans toutes les classes de la société et quelles que soient les croyances et les opinions politiques, a-t-elle précisé, ajoutant que c'est un « mouvement anti AKP (le parti du premier ministre Recep Tayyip Erdogan) mais surtout un mouvement de protestation contre l'attitude du gouvernement ».

« Dans la résistance à Taksim, des personnes extrêmement diverses se sont mises en relation et se sont révoltées contre l'État (…) C'est une révolution pour un état de droit de la société civile, pour aller vers l'UE aussi » , a indiqué Korhan Gumus, membre du comité de coordination de la « Plateforme Taksim ». « C'est une révolution, pas un coup d'État », a ajouté Sevil Turan, co-présidente de Yesiller Sol Gelecek (Futur vert/gauche). « L'AKP a un langage très autoritaire, elle se considère comme l'unique force existante dans le pays, elle méprise toutes les revendications », a-t-elle ajouté. « Il y a 10 jours, personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer. Il est difficile de voir à quoi va aboutir ce mouvement. Des personnes qui n'ont jamais pris place dans la société sont en train de s'organiser, c'est un mouvement pour la liberté, pour la solidarité », a-t-elle poursuivi.

Appel au dialogue. Pour les militants, le gouvernement doit dialoguer. « Ce sont des revendications de démocratie et de liberté. On voudrait un processus démocratique participatif, avec un dialogue », a souligné Mme Turan. Pour Mme Tekin, « M. Erdogan cherche un interlocuteur, son interlocuteur c'est le peuple (…) c'est avec le peuple qu'il doit négocier (…) il ne peut plus ignorer ce qu'il se passe », a-t-elle ajouté, précisant qu'il ne faut pas que le peuple ait comme interlocuteur la police car « les interventions policières ne font qu'augmenter la résistance populaire ». Et si M. Erdogan « dit toujours que nous allons faire nos comptes au scrutin », « le scrutin est nécessaire mais pas suffisant, il faut qu'il arrive à saisir cela », a ajouté Mme Turan. (CG)

Sommaire

PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°65