Strasbourg, 12/06/2013 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a souligné, le 12 juin, la nécessité d'un rééquilibre des forces en Syrie. « Il faut un rééquilibrage (entre les troupes du régime et la résistance) parce qu'au cours des dernières semaines, les troupes de Bachar al-Assad et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable », a-t-il expliqué. Tout comme son homologue britannique William Hague le 9 juin, M. Fabius a souligné que les changements de situation sur le terrain n'aident pas à l'organisation de la conférence pour la paix. « Il faut qu'on l'arrête parce que, s'il n'y a pas de rééquilibrage sur le terrain, il n'y aura pas de conférence de la paix à Genève car l'opposition n'acceptera pas d'y venir. Or il faut une solution politique », a-t-il précisé.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, M. Lalliot, a quant à lui souligné, la veille, que « pour que les parties puissent négocier, il ne faut pas qu'il y en ait une en position de trop grande faiblesse et l'autre en position de trop grande force ». « La façon dont la position sur le terrain est en train de changer n'aide pas à nous apporter une (solution) politique et diplomatique », a estimé M. Hague. « Le régime a gagné du terrain sur le terrain (…) Cela rend la conférence de Genève difficile à réaliser et à être un succès. Cela rend moins probable le fait que le régime va faire suffisamment de concessions dans ces négociations, et rend plus difficile d'obtenir que l'opposition vienne aux négociations », a-t-il ajouté.
Discussion sur la livraison d'armes, pas avant le 1er août. Et en raison de cette situation, Paris s'interroge sur la livraison d'armes. « Pour que les résistants puissent se défendre, (il faut) qu'ils disposent d'armes », a précisé M. Fabius. « Il nous faut respecter la réglementation européenne qui dit que c'est à partir du 1er août que des armes puissantes peuvent être données. Pour le moment, nous n'avons pas encore décidé », a-t-il ajouté. Lors de la décision de lever l'embargo sur les armes, les États membres s'étaient engagés à ne pas procéder « à ce stade » à la livraison d'armes à l'opposition et à réviser leur position avant le 1er août, sans qu'il soit clairement indiqué qu'il n'y aura pas de livraison avant cette date (EUROPE n° 10854).
« La chute de Qousseir et ce qui s'annonce pour la suite introduit un élément de radicale nouveauté (…). La décision de livrer des armes n'a pas été prise, mais elle fait l'objet de réflexions et de discussions », a précisé M. Lalliot, ajoutant que des discussions ont lieu avec les partenaires de la France, dont les Américains, les Turcs et les Saoudiens. « On est à un tournant de la guerre en Syrie », a-t-il expliqué, ajoutant qu' « on ne peut pas laisser l'opposition dans la situation dans laquelle elle se trouve ». Un représentant français rencontrera le 15 juin le chef d'état major de l'armée syrienne libre, Salim Idriss.
M. Hague a lui confirmé que le parlement britannique voterait avant qu'il y ait des envois d'armes.
Par ailleurs, les premiers casques bleus autrichiens, entre 60 et 80 hommes, ont commencé a quitter le plateau du Golan le 12 juin. (CG)