Bruxelles, 11/06/2013 (Agence Europe) - Si l'UE ne remédie pas aux défaillances de son système d'échange de quotas d'émission (ETS) dues à la surallocation de quotas, c'est une réduction additionnelle de 7% de ses émissions de gaz à effet de serre qu'elle devra consentir dans le cadre de son action climatique pour l' horizon 2030, selon un nouveau rapport publié mardi 11 juin par le groupe de consultants Ecofys. À l'heure où toutes les interrogations sont permises quant au devenir de la réforme à court terme de l'ETS visant à faire remonter le prix de la tonne de carbone, tombé historiquement bas et où le débat est lancé sur l'objectif 2030, ce rapport tombe à point nommé pour les défenseurs du climat tels que Greenpeace.
Le rapport intitulé « The Next Step in Europe's Climate Action: Setting targets for 2030 » (Prochaine étape dans l'action climatique de l'UE: établir des objectifs pour 2030) révèle que sans une intervention de l'UE sur le marché pour venir à la rescousse de l'ETS, il faudra une réduction additionnelle de 7% pour absorber, d'ici à 2030, les quotas excédentaires de l'ETS. Il montre aussi que sans prendre en compte l'effet du surplus actuel de quotas, et en admettant que l'UE réussisse à réduire ses émissions de 25% d'ici à 2020, l'objectif de l'UE pour 2030 devrait être une réduction de ses émissions d'environ 49% par rapport à 1990 (objectif moyen dans une fourchette allant de 39% à 79%).
« Il est essentiel pour l'efficacité de l'ETS que la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre de l'UE jusqu'à 2030 soit établie de telle sorte qu'elle prenne en compte tout surplus antérieur à 2020. Étant donné le surplus actuellement escompté, l'objectif 2030 ou la trajectoire vers 2030 devra sinon être beaucoup plus raide », commente Nicklas Höhne, directeur pour l'Énergie et la politique climatique chez Ecofys.
Dans sa feuille de route vers une économie à faible teneur en carbone à l'horizon 2050 publiée en mars 2011 comme dans son Livre vert sur le futur cadre intégré des politiques climatique et énergétique à l'horizon 2030 (EUROPE n° 10816), la Commission mentionne comme objectif nécessaire pour 2030 une réduction des émissions de 40%. En mai, le Royaume-Uni a proposé une réduction de 50% pour 2030.
« Ce rapport montre que 40% de l'objectif carbone mis sur la table par la Commission européenne est tristement inadéquat, surtout si l'on tient compte de l'impact d'un ETS défaillant. Si l'UE veut garder en vie son ETS et éviter les effets les plus catastrophiques du changement climatique, elle soit se fixer un objectif plus strict pour 2030 », commente Joris den Blanken, directeur de la politique climatique de l'UE chez Greenpeace.
Après le vote du 16 avril du Parlement européen, qui a renvoyé en commission parlementaire la proposition de réforme à court terme de l'ETS, un nouveau vote de la commission de l'environnement du Parlement est prévu le 19 juin. Rappelons que la proposition de la Commission européenne vise à différer le calendrier des enchères par le gel temporaire ('backloading') de 900 millions de quotas excédentaires sur le marché du carbone en début de troisième période d'échange (2013-2015) à introduire progressivement sur le marché entre 2016 et 2020. Le Parlement européen se prononcera en plénière en juillet. (AN)