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Bulletin Quotidien Europe N° 10864
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) turquie

Les groupes politiques du PE rappellent à l'ordre M. Erdogan

Strasbourg, 11/06/2013 (Agence Europe) - Alors que les députés européens débattront ce mercredi 12 juin avec la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, des évènements en Turquie, les présidents des groupes politiques du PE ont fait part, mardi 11 juin, de leurs préoccupations sur la situation, et ont appelé le gouvernement turc à respecter les droits de l'Homme.

Pour le co-président du groupe Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, le comportement du gouvernement turc et du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, « ne correspond pas à notre idée du comportement d'un État démocratique respectant toutes les parties de la société, même celle qui s'oppose à sa politique ». Il a reproché à M. Erdogan de jouer avec le feu, car il dit qu'il va négocier avec les manifestants avant d'envoyer les policiers sur la place Taksim pour l'évacuer. « Cela démontre bien sa volonté de ne pas vouloir négocier », a conclu M. Cohn-Bendit.

Mais pour le président du groupe S&D, Hannes Swoboda, le fait que M. Erdogan ait annoncé son intention de rencontrer des manifestants ce 12 juin est « un petit signe positif » car « on ne sait pas ce que la majorité des citoyens pense en Turquie, et on ne sait pas ce que sera le résultat des élections ». Il a rappelé que la Turquie est un pays « extrêmement divisé » (orientation islamique, question kurde…).

« Il faut saisir cette occasion pour mettre en place une Turquie nouvelle, qui irait au-delà du nationalisme extrémiste et des tendances islamiques », a ajouté M. Swoboda, conseillant un « vrai programme de réformes » pour le pays.

Rappelant sa solidarité avec les personnes expulsées de la place Taksim et avec les manifestants, la présidente du groupe GUE/NGL, Gaby Zimmer, attend de la part du gouvernement turc « une autre attitude ». Elle a appelé au dialogue entre le gouvernement et les manifestants.

« Une société démocratique et ouverte doit être fondée sur un dialogue qui doit intégrer les différents acteurs et se faire dans le respect des points de vue des uns et des autres », a insisté le président du groupe PPE, Joseph Daul.

« Il faut utiliser un langage de vérité envers M. Erdogan », a expliqué le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt. « La dictature de la majorité, ce n'est pas la démocratie. C'est une vérité à rappeler à Erdogan et les Européens peuvent le faire dans le cadre, entre autres, des négociations qui vont reprendre », a-t-il ajouté. Pour M. Cohn-Bendit, il serait nécessaire d'ouvrir les chapitres de négociations d'adhésion sur l'appareil judiciaire et les droits fondamentaux (23) et sur la justice, la liberté et la sécurité (24). M. Daul, en réponse à une question sur l'ouverture ou non du chapitre sur la politique régionale (22) avant la fin du mois, en raison de la situation, a précisé qu'« il faut réfléchir avant d'agir », ajoutant que « je n'ai pas dit non, j'ai dit réfléchir avant d'agir ».

Quelques heures après la reprise de la place Taksim par la police, après trois heures d'échauffourées, M. Erdogan a assuré que son gouvernement ne ferait plus preuve d'aucune tolérance envers les manifestants. « Cette affaire est maintenant terminée. Nous ne montrerons plus de tolérance », a-t-il expliqué. (CG avec LC)

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