Bruxelles, 11/06/2013 (Agence Europe) - En vue du Conseil européen de fin juin, le Parlement européen s'apprête à adopter une résolution sur l'avenir de l'Union économique et monétaire (UEM) dans laquelle il fustige la procrastination du Conseil.
Dans ce projet de résolution déposé par les groupes PPE, S&D, ADLE et Verts/ALE, les eurodéputés critiquent « le manque d'ambition » du Conseil dans sa réponse à la crise et déplorent que « toutes les décisions sur la future architecture de l'UEM soient encore remises à plus tard », notamment à cause de « l'influence négative que les cycles électoraux nationaux ont sur la capacité de l'Union à prendre des décisions autonomes ». Une accusation à peine voilée en direction de l'Allemagne, première économie de la zone euro qui s'apprête à entrer en campagne électorale en vue des élections législatives de septembre.
Défenseur acharné de la méthode communautaire, le Parlement européen rappelle qu'il ne pourra accepter de « nouveaux éléments de nature intergouvernementale » en matière d'intégration économique et monétaire. Il demande au Conseil de ne plus interférer dans le processus budgétaire du 'Semestre européen', alors que le Sommet de juin est appelé à reprendre à son compte les recommandations socio-économiques par pays de la Commission européenne (EUROPE n° 10855). Et le pacte renforçant la discipline budgétaire et le Mécanisme européen de stabilité (MES) devront à terme être incorporés dans l'acquis communautaire.
Autre sujet « extrêmement » inquiétant pour le PE, le retard pris dans la mise en place de l'union bancaire (supervision et restructuration uniques) et dans l'élaboration des modalités de la recapitalisation directe par le MES afin de briser le cercle vicieux entre difficultés bancaires et dette publique.
Sur le volet politique de l'UEM, les eurodéputés se disent « profondément inquiets » du fait que le Conseil n'a toujours pas pris à bras le corps l'enjeu de la responsabilité démocratique d'une intégration accrue. Devrait notamment être soumise au contrôle démocratique du Parlement européen la participation de l'UE dans le système de la 'troïka', l'organe chargé de suivre sur le terrain la mise en œuvre des plans d'aide et d'ajustement des pays sous programme comme la Grèce ou le Portugal.
La Commission en prend également pour son grade. Le PE se demande pourquoi l'institution européenne dotée du pouvoir d'initiative n'a toujours pas mis sur la table certaines propositions contenues dans son document de réflexion sur l'approfondissement de l'UEM. Ce 'blue print' évoque par exemple une possible mutualisation d'une partie de la dette souveraine. Un sujet sur lequel un groupe d'experts devrait plancher d'ici au printemps 2014 mais que la Commission tarde à mettre sur pied. (MB)