Bruxelles, 04/06/2013 (Agence Europe) - Si la Lituanie souhaite utiliser sa présidence tournante de l'UE, du 1er juillet au 31 décembre 2013, pour rendre l'Europe plus crédible, en croissance et plus ouverte, elle va d'abord devoir avancer sur le cadre financier pluriannuel, même si le Représentant permanent de la Lituanie auprès de l'UE, Raimundas Karoblis, espère toujours un accord sous présidence irlandaise. « Nous aurons la finalisation des législations et programmes de mise en œuvre », a-t-il expliqué, le 4 juin, lors d'une conférence à l'European Policy Centre, précisant que la plus grande partie devrait être mise en place d'ici la fin de l'année. Il a précisé que le trio de présidences (Irlande, Lituanie et Grèce) a ainsi plus de 300 propositions sur la table, dont 56 propositions législatives et 19 actes légaux liés au cadre financier pluriannuel.
Ainsi, la Lituanie souhaite faire des progrès sur de nombreux sujets, et se concentrer « sur les objectifs réalisables ».
Pour la présidence, la crédibilité de l'Europe passe par des avancées en matière d'assainissement des finances publiques, de stabilité financière, d'union bancaire et de MIFID (marché d'instruments financiers). Des chantiers encore plus difficiles à faire avancer en raison des élections allemandes, en septembre. « Les élections allemandes vont influencer le calendrier, pas la substance », a souligné l'ambassadeur qui a indiqué que les décisions politiques seraient sans doute repoussées au plus tôt à fin octobre mais que le travail technique, lui, continuerait.
Mais pour M. Korablis, la crédibilité passe aussi par les citoyens, avec un accent mis sur les droits de l'homme et la « justice pour les citoyens ». Il souhaite avancer sur la création d'un poste de procureur européen.
Tout comme les présidences précédentes, la Lituanie va mettre l'accent sur l'Europe de la croissance, et de l'emploi, en particulier celui des jeunes. Cela passe par la finalisation de l'Acte pour le Marché Unique 1, et demande d'avancer sur l'Acte 2, sur l'agenda numérique et sur le marché intérieur de l'énergie.
Enfin, la présidence lituanienne veut une Europe ouverte, avec en priorité le sommet du Partenariat oriental, en novembre à Vilnius, lors duquel des progrès sont attendus. M. Korablis souhaite promouvoir les accords de libre-échange avec les États-Unis, le Japon et avancer sur un mandat pour un accord d'investissement avec la Chine. Se disant « ami de l'élargissement » et alors que la Croatie va rejoindre l'UE le premier jour de sa présidence, le pays balte espère aussi avancer avec les pays des Balkans et la Turquie, considérant qu'il pourrait être possible d'ouvrir un ou plusieurs chapitres, sous sa présidence, avec Ankara. La Lituanie souhaite aussi commencer les discussions sur « les frontières intelligentes » et sur la migration légale (étudiants, homme d'affaires…). (CG)