Bruxelles, 04/06/2013 (Agence Europe) - Réagissant au mouvement de contestation antigouvernementale qui agite depuis cinq jours l'ensemble de la Turquie, le groupe S&D au Parlement européen a déploré le 4 juin le départ du pays du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan pour le Maroc, où il entame une visite officielle. « Je trouve incroyable que M. Erdogan (…) quitte le pays alors que les manifestations et les protestations gagnent en intensité dans des villes partout en Turquie. Le président Gül devrait ordonner à M. Erdogan de revenir immédiatement à Ankara et d'organiser des discussions entre les partis pour trouver une solution permettant de mettre fin à la violence », a déclaré Hannes Swoboda, le président du groupe.
La Gauche unitaire européenne (GUE/NGL) a elle aussi condamné les méthodes du gouvernement Erdogan, appelant « à une fin immédiate de la violence ». Son président, Gabi Zimmer, a condamné « la violence d'État exercée par le gouvernement turc contre les manifestants ». Pour M. Zimmer, le gouvernement doit « mettre fin à sa manière autoritaire de gouverner et discuter avec ceux qui protestent pour éviter une escalade de la violence et de nouvelles victimes ». Et le chef de file de la GUE d'estimer que « les actes d'Erdogan sont en train de créer une division dangereuse au sein de la société turque ».
Le leader des libéraux (ADLE), le Belge Guy Verhofstadt, a rappelé le droit à manifester pacifiquement et déploré en substance qu'en Turquie, qui a fait figure au cours de la dernière décennie de démocratie islamique modérée, un certain nombre d'actes et de lois anti-laïques aient sapé la réputation de l'AKP, le parti de gouvernement. (OL)