Bruxelles, 04/06/2013 (Agence Europe) - Présentant le rapport de concurrence 2012 de la Deutsche Bahn au Parlement européen mardi 4 juin , Rüdiger Grube, le PDG de la société, n'a pas mâché ses mots pour décrier fermement les propositions de la Commission européenne en matière de gouvernance ferroviaire contenues dans le quatrième paquet ferroviaire. Un discours qui fait mouche auprès des eurodéputés proches du dossier.
Le fait que les concurrents de la DB aient gagné 25% de parts de marché dans le trafic passager régional, et 28,6% dans le fret, permet à M. Grube d'affirmer qu'au vu de « la situation de la concurrence sur le marché ferroviaire allemand, l'ambition de la Commission de strictement découpler les systèmes ferroviaires intégrés en Europe est complètement inappropriée ». À la presse il déclarait encore que la concurrence n'a rien à voir avec la structure d'une société, incitant à s'écarter de toute idéologie. En cela, il se félicite de voir que « de plus en plus de députés sont en train de changer d'avis. (…) De plus en plus il apparaît que le découplage n'est pas la solution ». À la question du découplage ou non, le rapporteur sur l'ouverture du marché domestique passager dans le quatrième paquet ferroviaire, Mathieu Grosch (PPE, Belgique), a également considéré qu'il ne fallait pas tomber dans le dogmatisme mais que l'efficacité devrait primer (en termes de passagers, de service et d'utilisation de l'argent du contribuable). Il se fait l'avocat de la flexibilité, tout comme le rapporteur sur la gouvernance, Saïd El Khadraoui (S&D, Belgique), qui précise qu' « au plus le régulateur sera fort, au plus nous pouvons être flexibles », pour autant qu'il n'y ait pas de subventions croisées précise-t-il. À ce sujet justement, M. Grube s'est montré très pointilleux à Bruxelles ; il a martelé que la transparence est de mise dans les flux financiers dans le système ferroviaire allemand, ainsi qu'entre l'État et la DB: « Il n'y a rien de très sophistiqué ou de secret. » Le rapport de concurrence reprend d'ailleurs des faits chiffrés afin de démentir des allégations de manque de transparence financière. La DG Move relaierait ces allégations « qui sont fausses et doivent être fermement rejetées », a encore déploré M. Grube. (MD)