Bruxelles, 04/06/2013 (Agence Europe) - Si les présidents de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, ont souligné, le 4 juin, lors du sommet UE-Russie, leur soutien à la conférence de Genève II, ils sont toujours en désaccord sur leurs politiques respectives envers la Syrie.
Se disant frustré par la levée de l'embargo européen sur les armes, M. Poutine a expliqué « une nouvelle fois que toute tentative d'influer sur la situation en Syrie par la force, par une ingérence militaire, est vouée à l'échec et entraînerait de lourdes conséquences humanitaires ». Il a précisé que Moscou n'a pas « pour l'instant » livré les missiles sol-air S-300 au régime syrien, ce qui est prévu par un contrat signé avant le début du conflit. Et de préciser que Moscou ne voulait « pas rompre l'équilibre des forces dans la région ».
En réponse, M. Van Rompuy a expliqué que les États membres se sont publiquement engagés à ne pas livrer d'armes « pour l'instant » pour donner aux négociations une « chance réelle d'avancer ».
Front commun sur Genève
M. Poutine a précisé que l'UE et Russie vont avoir une « coopération étroite » pour faire de Genève II « un succès ». « Il y a une large convergence de vues sur le lancement de ces négociations », a ajouté M. Van Rompuy. Il a précisé que les premiers objectifs pour la conférence de Genève devraient être de construire des mesures de confiance, un accès pour l'aide humanitaire, un cessez-le-feu graduel, la relâche des prisonniers, un accès aux observateurs de l'ONU. M. Barroso a insisté sur la nécessité de garantir « un accès sans restriction et inconditionnel » à l'aide humanitaire, par toutes les parties.
Précisant que le régime a dit sa volonté de participer à la conférence de Genève, le président russe a expliqué qu'il est « important de déterminer qui devrait représenter l'opposition », et que la question soit résolue « aussi vite que possible ».
En plus de la Syrie, les dirigeants ont discuté du programme nucléaire iranien, de l'Afghanistan, de la Corée du Nord, sujets sur lesquels l'UE et la Russie collaborent, mais aussi des conflits prolongés en Europe, tels que la Transnistrie, le Haut-Karabakh ou les relations russo-géorgiennes. (CG)