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Bulletin Quotidien Europe N° 10859
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Les liens économiques se renforcent, mais les divergences demeurent

Bruxelles, 04/06/2013 (Agence Europe) - Énergie, commerce, droits de l'homme et Syrie: le sommet UE/Russie de Iekaterinbourg met en exergue la persistance des divergences bilatérales tant au plan politique qu'au plan commercial, malgré la volonté affichée de renforcer les liens économiques.

Nouvel accord de coopération, énergie, commerce, droits de l'homme et visas, questions régionales et internationales, Afrique du Nord, Moyen-Orient et surtout Syrie étaient, comme à l'accoutumée, au centre des discussions du 31ème sommet UE/Russie les 3 et 4 juin à Iekaterinbourg, capitale de l'Oural. Comme pour masquer la persistance de leurs divergences sur bien des dossiers, comme l'épineuse question syrienne, le président russe Vladimir Poutine et ses hôtes, les présidents Herman Van Rompuy (Conseil européen) et José Manuel Barroso (Commission), n'en avaient, lors de leur compte rendu à la presse, que pour l'économie.

Accord de coopération, accélérer le pas. Après un dîner informel lundi soir consacré aux questions économiques globales, avec un accent particulier sur le processus G20 sous présidence russe et son prochain sommet, au début du mois de septembre à Saint-Pétersbourg, une session plénière mardi était consacrée aux relations bilatérales, incluant les négociations pour un nouvel accord de partenariat et de coopération, qui vise à remplacer le vieil accord de 1994, pour régir la coopération politique, les dialogues sectoriels et les relations commerciales et d'investissement. Européens et Russes ont eu, selon M. Barroso, « une discussion concrète sur les moyens de faire avancer » des négociations lancées en 2008 et qui traînent en longueur. M. Barroso avait fait part de son souhait, fin mars, de conclure cet accord en 2014.

Taxes de recyclage sur l'automobile, Moscou va bouger. Rien de particulier n'est à souligner sur le chapitre de l'énergie, où les relations tumultueuses, adoucies par la signature en décembre de la feuille de route sur la coopération énergétique UE/Russie à l'horizon 2050, sont toujours polluées par le refus de la Russie de se soustraire aux règles du 3ème paquet de libéralisation du marché intérieur de l'énergie. Mardi, la question, qui avait donné lieu à un vif échange Poutine/Barroso, lors du sommet de décembre, n'a pas été abordée. En revanche, sur le volet commercial, l'UE a signifié son impatience devant le non respect par la Russie de certains de ses engagements en matière de libéralisation, et prévenu de son intention de lancer à l'OMC une procédure contre la Russie si Moscou n'a pas aboli au 1er juillet ses mesures discriminatoires en matière d'importation d'automobiles, à savoir son décret sur les frais de recyclage pour les voitures importées. « Nous avons reçu de bonnes nouvelles à ce sujet », a toutefois indiqué M. Barroso, qui a aussi rappelé les griefs européens sur les mesures discriminatoires russes en matière sanitaire et phytosanitaire. M. Poutine n'a de son côté pas manqué de rappeler ceux de la partie russe envers les mesures antidumping européennes.

Accord sur la prévention des drogues. Seul résultat concret du sommet, Européens et Russes ont signé mardi un nouvel accord de coopération sur le contrôle des précurseurs de drogues. Il va permettre un renforcement de la coopération dans la prévention du trafic de précurseurs des drogues illicites, et permettre aux autorités compétentes d'échanger des informations pratiques, techniques et scientifiques sur ces produits chimiques, et de s'assurer qu'ils sont utilisés uniquement à des fins légitimes.

Divergences persistantes sur les droits de l'homme. Les dirigeants européens n'ont une fois encore pas manqué de rappeler à leur hôte russe l'importance de la société civile et des ONG et « leur contribution au renforcement de la démocratie et en particulier la liberté d'expression et d'autres libertés fondamentales », a souligné M. Van Rompuy. « Les cadres législatifs devraient reconnaître et protéger l'espace d'action de la société civile. Nous avons fait référence à l'important dialogue que nous avons déjà, même si nos vues ne coïncident pas toujours », a précisé le président du Conseil européen. « La seule chose requise » par la loi sur les ONG est que si elles reçoivent des fonds de l'étranger, « elles doivent se dire agents de l'étranger » mais « elles ne sont pas fermées », a jugé de son côté M. Poutine.

La veille, faisant référence au mariage homosexuel, et alors que la Russie pourrait adopter une loi sur la « propagande homosexuelle », le chef de la commission pour les Affaires internationales de la Douma, Alexeï Pouchkov, avait estimé que « l'UE s'emballe un peu dans l'expansion de ses prétendues valeurs, alors que nous ne lui faisons pas la leçon sur ce qu'elle devrait faire dans les questions de morale et de mœurs ». Soulignant que la question du mariage ou de l'adoption pour les couples homosexuels est une question nationale, M. Barroso a rappelé l'importance, pour l'UE, du principe de non-discrimination.

Un accord proche sur les visas. Si la question de la mobilité n'est toujours pas résolue, un accord serait proche. « Nous souhaitons signer prochainement un accord modernisé sur la simplification du régime des visas », a déclaré M. Barroso, précisant que « plusieurs détails techniques restent à régler ». (CG, EH)

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