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Bulletin Quotidien Europe N° 10859
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Un bilan en demi-teintes mais en voie d'amélioration (ambassadeur)

Bruxelles, 04/06/2013 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a reçu, vendredi 31 mai, le nouvel ambassadeur de Tunisie, Tahar Cherif, venu lui remettre les lettres de créance l'accréditant auprès de l'UE, dans un contexte malaisé. Le pays a, depuis le 14 janvier 2011, emprunté la voie d'une démocratie que les autorités de transition peinent à définir, mélange « d'accidents conjoncturels » et - selon l'opposition moderniste et laïque- de tergiversations dans la rédaction de la Constitution et la fixation d'une date pour les élections, un agenda que l'UE suit avec attention. Un laisser-aller sécuritaire, perçu dans le pays, a favorisé l'émergence d'une frange jihadiste qui s'est ouvertement confrontée à l'armée et à la police dans plusieurs parties du pays, notamment aux frontières avec l'Algérie, et qui s'était livrée à l'assassinat politique. Le nouveau ministre de l'Intérieur paraît avoir mis fin à la relative mansuétude alors observée vis-à-vis des Salafistes qui menacent la sécurité dans le pays comme autour des représentations diplomatiques (USA en particulier). L'UE a continuellement affirmé son soutien à ce processus, sa diplomatie a toutefois opté pour une ligne fondée sur l'encouragement du « dialogue » avec les « islamistes » et laissé s'installer au sein de la société civile et les médias un doute sur ses intentions qui a aussi traversé l'institution européenne elle-même. Sa diplomatie (SEAE) a paru manquer de vigilance face aux « dérapages » dans le domaine des libertés (presse, justice), et s'est montrée complaisante à l'égard de la frange « islamiste » au gouvernement.

L'UE a par ailleurs tardé dans le déboursement des aides promises dès la « révolution » sans aussi répondre à la demande d'un traitement adéquat de la dette, comme l'ont fait, bilatéralement, des États membres de l'UE (l'Allemagne, en premier) et comme le soutient la présidente de la commission du développement du Parlement européen, Eva Joly (Verts/ALE, française).

Certes, reconnaît l'ambassadeur, « l'UE n'a pas tardé à réagir » aux événements en Tunisie comme dans la région. Mais sa « nouvelle stratégie incitative » a semblé « peu novatrice », reposant sur des « schémas classiques » de partenariat. Pour M. Cherif, « la réussite des transitions en cours est dans l'intérêt de tous ». Il n'en retient pas moins des avancées, notamment un « accord politique sur un Plan d'Action » (2013-2017) scellé en novembre 2012, sorte de « feuille de route ambitieuse » qui planifie des négociations par chapitre. « Nous travaillons en ce moment à l'élaboration de la 'matrice' des actions prioritaires à mener » pour que le « Partenariat Privilégié » ait enfin un « contenu concret ».

Une autre avancée se retrouve dans le commerce qui sera « une des pièces maîtresses » du « Partenariat » en promesse. La conclusion d'un « accord de libre-échange complet et approfondi » (ALECA) est à négocier au terme d'un « processus exploratoire » en cours et « bientôt achevé ».

Mais l'inaccompli, au plan des relations directes, est représenté par la question de la dette, laquelle « demeure préoccupante ». Selon l'ambassadeur, « peu de gestes ont été faits pour nous soulager de ce fardeau ». Il en appelle à « l'imagination » et rappelle que l'Allemagne s'est distinguée en signant « un programme de conversion ». La France a emboîté le pas et négocie à son tour avec la Tunisie. L'ambassadeur ne fait pas référence à la préoccupation qui fut celle des Tunisiens face à la lenteur des aides financières directes. Le rythme d'octroi semble s'être accéléré ces derniers mois concernant les appuis purement européens (budgétaires et BEI), pas encore tout à fait celles promises à un niveau multilatéral (« partenariat de Deauville »).

Quoi qu'il en soit, l'agenda est fourni. « Les prochaines semaines vont être très chargées au niveau des relations Tunisie-UE et culmineront avec la visite du chef du gouvernement tunisien à Bruxelles à la fin de ce mois, outre l'organisation du Forum de Tunis (13 juin) consacré au Partenariat privilégié et la tenue de la 5ème session du Comité d'Association Tunisie-UE (19 juin) », a précisé l'ambassadeur Tahar Chérif. (FB)

 

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