Bruxelles, 28/05/2013 (Agence Europe) - À ce jour, 870 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, 100 millions d'enfants de moins de cinq ans , mal nourris, sont en-dessous du poids de leur âge, 165 millions d'entre eux souffrent d'un retard de croissance, et la malnutrition tue 2,6 millions d'enfants chaque année - une situation inacceptable à laquelle il faut remédier au niveau global, estiment les ministres du Développement de l'UE qui valident l'approche proposée par la Commission pour que la politique extérieure de l'UE serve cette ambition.
Les conclusions du Conseil de l'UE sur l'alimentation et la sécurité alimentaire dans l'aide extérieure de l'UE, adoptées mardi 28 mai à Bruxelles sans débat, relaient cette préoccupation et soulignent l'importance cruciale d'atteindre tous les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l'échéance prévue, et en particulier les OMD concernant la santé maternelle et infantile. Tout en reconnaissant que les taux de malnutrition ont salutairement diminué entre 1990 et 2012, les Vingt-sept rappellent que les progrès sont trop lents et qu'il convient de mettre les bouchées doubles pour que l'OMD n°1 - Éliminer l'extrême pauvreté et la faim à l'horizon 2015 - soit non seulement atteint, mais dépassé, et insistent sur la nécessité de garantir que la faim, la sécurité alimentaire et nutritionnelle occupent une juste place dans l'élaboration de l'agenda global pour le développement post-2015.
Le Conseil est également préoccupé par l'augmentation de la prévalence de la sur-nutrition, de l'obésité et de l'augmentation de l'incidence des maladies liées à ces phénomènes, en particulier dans les pays en développement qui sont confrontés au double fardeau de la malnutrition et de pressions croissantes sur des systèmes de santé et des économies déjà surchargés.
Le Conseil salue les objectifs de nutrition approuvés par l'OMS en 2012, notamment celui de réduire de 40% à l'horizon 2025 le nombre d'enfants de moins de cinq ans souffrant d'un retard de croissance. Il salue aussi l'objectif du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, d'atteindre un monde libéré de la faim en une génération. Il salue la communication de la Commission européenne sur un cadre politique de l'UE pour renforcer la nutrition maternelle et infantile dans sa politique d'aide extérieure, dont il avalise les priorités stratégiques tant pour l'aide au développement que l'aide humanitaire.
Le Conseil souligne en particulier la nécessité de mettre l'action sur la sous-nutrition des mères et des enfants dans la période de 1000 jours entre le début de la grossesse et les deux ans de l'enfant pour combattre les effets irréversibles de la sous-nutrition chronique dans la petite enfance.
Il encourage l'UE et ses États membres à s'engager dans le mouvement SUN (Scaling Up Nutrition), à investir davantage dans la recherche sur la nutrition, l'éducation à la nutrition et à la santé, et à identifier des mécanismes pour des actions nationales d'accélération des progrès, y compris par des partenariats public/privé, et à accroître leur soutien financier aux pays en développement partenaires ayant des taux élevés de sous-nutrition qui mettent en œuvre des plans nationaux dans le cadre du mouvement SUN. (AN)