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Bulletin Quotidien Europe N° 10854
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Drogues, des signes encourageants mais toujours de nouvelles menaces

Bruxelles, 28/05/2013 (Agence Europe) - Encourageant sur certains aspects, inquiétant sur d'autres. C'est en ces termes que la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a décrit le rapport annuel sur les drogues qu'a publié mardi 28 mai l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT).

Le rapport fait état de certaines avancées, notamment dans le niveau record de traitements dispensés aux usagers ou dans l'érosion de la consommation d'héroïne ou de cocaïne. Mais il observe de nouvelles menaces émergentes défiant « les modèles actuels en matière de politique et de pratique ». Dans son bilan annuel, l'agence observe ainsi des évolutions positives en lien avec les drogues les plus établies « telles que la baisse des nouveaux usagers d'héroïne, la diminution du recours à l'injection, une utilisation moindre et en régression de l'usage de cannabis et de cocaïne dans certains pays ».

Mais ces améliorations sont contrebalancées par des inquiétudes concernant « les stimulants synthétiques et les nouveaux produits de synthèse disponibles à la fois sur le marché illicite et sur celui des 'legal highs' (drogues de synthèse imitant les effets de certaines substances interdites). »

Pour l'OEDT, le marché de la drogue est aujourd'hui « plus fluide et plus dynamique, moins structuré autour des substances à base de plantes, parcourant de longues distances jusqu'aux marchés des consommateurs en Europe » et « la globalisation et la technologie de l'information sont de puissants moteurs de changement, l'Internet créant de nouveaux liens entre la consommation des drogues et leur approvisionnement ».

« Le fait que, grâce à des politiques solides de lutte contre les drogues et des niveaux records de traitements, l'usage d'héroïne, de cocaïne et de cannabis semble diminuer dans certains pays et l'infection par le VIH liée à la consommation de drogues continue à décroître sont des signes encourageants », a jugé Mme Malsmtröm. « Mais, dans le même temps, le fait qu'un quart des adultes européens, ou 85 millions de personnes, ont consommé une drogue illicite, et que l'usage de drogues en Europe reste historiquement élevé constituent des sujets de préoccupation », note la commissaire suédoise.

Le rapport de l'OEDT rappelle en outre qu'en 2012, 73 nouvelles drogues de synthèse avaient été identifiées, vendues souvent sur Internet, contre 49 en 2011. Parmi ces nouvelles drogues, 19 étaient des produits chimiques peu connus ou plus obscurs, et 14 étaient de nouveaux stimulants de synthèse, comme les amphétamines et l'ecstasy. Autres motifs d'inquiétude: si la consommation d'héroïne continue de baisser dans la plupart des pays européens, de nouveaux foyers d'infections par le VIH se sont développés en Grèce et en Roumanie. Et si la consommation de cannabis est restée plus ou moins stable, l'OEDT s'inquiète aussi des répercussions possibles sur la santé de ses consommateurs réguliers, le rapport signalant notamment une augmentation d'environ un tiers du nombre d'usagers ayant entamé un traitement pour la première fois pour des problèmes en lien avec le cannabis ces dernières années, ce nombre passant d'environ 45 000 en 2006 à 60 000 en 2011. (SP)

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