Bruxelles, 28/05/2013 (Agence Europe) - En mission en Italie, le commissaire Hahn fait part de l'urgence pour le pays d'absorber les fonds structurels restants d'ici à la fin de la période de programmation. Le défi est conséquent, il reste 31 milliards à investir et, pour le relever, il faudrait renforcer la capacité administrative et éventuellement reprogrammer certains fonds.
Le commissaire européen rencontrait les 27 et 28 mai les nouveaux ministres italiens à la Cohésion territoriale, Carlo Trigilia, et aux Finances, Fabrizio Saccomanni, ainsi que les présidents des régions de Sicile, de Calabre et du Latium. Il était question de la bonne mise en marche de la prochaine période de programmation des fonds structurels dans le pays en 2014-2020, mais aussi du recours à l'enveloppe disponible pour l'Italie sous la programmation actuelle. Bien que le taux d'absorption ait fait un bond ces deux dernières années, passant de 18% en avril 2011 à 40% actuellement, le commissaire a dû faire état d'une situation préoccupante: « L'Italie devrait être consciente qu'avec le cofinancement national, il y a encore 31 milliards d'euros à absorber d'ici la fin 2015 (ndlr: dont 16 milliards de l'UE). Ce qui est bien plus que ce qui a été utilisé ces derniers 6 ans. C'est un défi pour le système administratif dans les régions et au niveau national », a-t-il déclaré, lundi 27 mai à Rome. La capacité administrative en Italie pourrait être améliorée dans le pays en réduisant la rotation des fonctionnaires, en rendant les marchés publics et les audits plus transparents. Pour « qu'aucune ressource ne soit perdue », le commissaire a également suggéré de « rendre les objectifs de dépenses plus contraignants, d'utiliser les ressources ailleurs si elles n'ont pas été dépensées endéans un certain délai, de renforcer le support technique aux programmes faibles », lors du Forum de l'administration publique à Rome le mardi 28 mai. Il a d'ores et déjà pu recevoir quelques signes engageants de la part des autorités italiennes en ce sens. En effet, il s'est félicité de ce que le ministère de la cohésion territoriale réduise la liste des investissements futurs de 400 à 100 actions clés. Aussi, les autorités italiennes vont-elles désormais étudier quels sont les programmes qui sont les plus ou les moins performants afin de concentrer les fonds vers les domaines où ils peuvent être le plus utiles. Cette reprogrammation pourrait avoir lieu d'ici l'été et devrait surtout bénéficier aux PME et à l'entrepreneuriat. Il est aussi question que le gouvernement italien mette sur pied une agence spécialement dédiée à la coordination des fonds européen. Enfin, la région de la Calabre imitera les régions de la Sicile et de Campanie qui se sont dotées de « task force » pour mieux gérer leur enveloppe de la politique de cohésion. (MD)