Bruxelles, 28/05/2013 (Agence Europe) - Une évaluation des objectifs nationaux menée par la Coalition pour les économies d'énergie révèle que les États membres s'avèrent réticents à intensifier leurs ambitions au-delà des mesures d'efficacité minimales exigées par la directive sur l'efficacité énergétique. Ce qui n'aidera pas l'UE à combler l'écart qui la sépare de l'objectif de 20% d'économies d'énergie à l'horizon 2020.
Les chiffres disponibles pour 18 États membres ne réduisent pas l'écart avec l'objectif de 20% pour l'UE dans son ensemble, et si les objectifs des 9 autres pays sont de la même ambition, l'UE ne réalisera que 17% d'économies d'énergie en 2020, un chiffre en deçà des 62 millions d'équivalent pétrole d'économie espérés, a indiqué mardi 28 mai la Coalition pour les économies d'énergie, groupe de pression qui réunit tant des entreprises, que des collectivités locales, des syndicats et des représentants de la société civile.
Un classement des 18 cibles disponibles par rapport aux projections énergétiques les plus récentes montrent que la Slovaquie, la Belgique, l'Irlande, la Grèce et l'Italie figurent en tête du peloton avec des objectifs qui nécessitent d'importantes économies d'énergie supplémentaires. Les pays les moins ambitieux sont l'Estonie, la Finlande, Malte, la Roumanie et le Portugal, qui ont rapporté des objectifs nationaux qui augmentent l'écart. Les plus grands pays, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, fixent des objectifs minimaux susceptibles d'être atteints de toute façon par les mesures prises en vertu de la directive « efficacité énergétique », comme l'obligation d'économie d'énergie annuelle de 1,5% pour l'utilisation finale.
« Les grands États membres ne font pas preuve de leadership et l'objectif fixé pour l'UE dans son ensemble n'est pas à portée, signe que l'approche volontaire pour les objectifs nationaux a échoué », déplore la coalition, dans un communiqué. « Réparation rapide doit être faite pour éviter d'endommager l'engagement de l'UE en faveur de sa plus grande ressource énergétique, les économies d'énergie », insiste-elle.
Les États membres devaient soumettre leurs objectifs nationaux à la Commission avant le 30 avril, première échéance en vertu de la directive « efficacité énergétique ». La coalition, qui précise avoir obtenu ses informations via les rapports des programmes nationaux de réforme, déplore par ailleurs l'opacité dans la fixation des objectifs, qui exclut selon elle les parties prenantes. Aussi la coalition a-t-elle publié en ligne un guide pour aider à une mise en œuvre efficace et ambitieuse de la directive « efficacité énergétique ». (EH)