Bruxelles, 28/05/2013 (Agence Europe) - L'Algérie, qui s'apprête à signer avec l'UE un accord stratégique dans l'énergie, semble préoccupée par la tendance à la baisse des prix du gaz en Europe. « Les effets de la crise qui continuent à gripper les économies européennes commencent à avoir raison des prix du gaz », rapporte l'agence de presse officielle APS citant la compagnie nationale des hydrocarbures. Sonatrach indique qu'elle est confrontée à des demandes de révision à la baisse des contrats passés avec des sociétés importatrices européennes.
Sonatrach, qui a contesté une clause de ses contrats la liant aux sociétés européennes, dite « de bouleversement », prévue dans le contrat de vente de gaz la liant à l'italien Edison, filiale du groupe français EDF, s'est vue débouter par une instance d'arbitrage. « Il est difficile pour l'Algérie de préserver les prix du gaz en situation de crise économique qui affecte aussi bien la demande que les prix », a déclaré le PDG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, cité par APS. Il craint un « effet domino »: « Il n'y avait pas qu'Edison, il y a aussi l'ENI et Gas Natural Fenosa (GNF) », a-t-il dit. M. Zerguine a par ailleurs annoncé le 18 mai le report, pour la troisième fois, du projet de gazoduc Galsi, devant relier l'Algérie à l'Italie par la Sardaigne: « C'est la baisse de la demande de gaz naturel en Italie qui en est la cause », a-t-il dit au quotidien el Watan.
L'inquiétude provient également de la concurrence accrue venant des États-Unis. « L'Algérie risque de connaître de gros soucis concernant son gaz surtout à compter de 2020 », ont déclaré aux médias des experts en énergie algériens. En cause le développement de l'extraction américaine de gaz de schiste qui ferait chuter les cours du gaz naturel sur le marché américain, (désormais inférieurs à 3/5 dollars par million de BTU contre 10 dollars en Europe et plus de 15 en Asie, où la catastrophe de Fukushima a fait bondir la demande japonaise en gaz, précisent les experts).
Le professeur Abderrahmane Mebtoul, spécialiste du secteur, appelle son pays à opérer sans tarder une « transition énergétique ». « L'énergie étant au cœur de la sécurité de tout pays, la transition énergétique en Algérie doit s'effectuer rapidement car l'épuisement est pour bientôt, 2030, et c'est demain », affirme l'expert. (FB)