Bruxelles, 28/05/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a demandé à l'Allemagne, à l'Autriche, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas de venir à Luxembourg le 8 juin prochain avec des preuves attestant de la pression que ferait peser sur leurs systèmes sociaux la présence de travailleurs d'Europe de l'Est.
Fin avril, les quatre ministres de l'Intérieur de ces pays s'étaient en effet fendus d'une lettre à la présidence irlandaise dans laquelle ils faisaient état de « fraudes et abus systématiques du droit à la libre circulation » par des immigrés provenant des autres pays de l'UE et y demandaient le durcissement des mesures légales et financières, en particulier une interdiction du retour sur le territoire pour une période donnée. Les quatre ministres avaient entre autres plaidé pour une réforme de plusieurs directives pour lutter contre le phénomène, qu'ils estiment très répandu sans pour autant apporter d'estimation chiffrée. C'est justement ce que souhaitent savoir les trois commissaires concernés, Viviane Reding (Droits fondamentaux), Laszlo Andor (Affaires sociales) et Cecilia Malmström (Affaires intérieures) qui, dans leur lettre du 24 mai adressée au ministre de la Justice Alan Shatter, ont souhaité que le débat qui aura lieu lors du prochain Conseil Justice et Affaires intérieures sur ce sujet soit basé sur des « faits » et une vraie analyse, seul moyen à leurs yeux d'avoir une discussion pertinente. Les 4 pays sont ainsi invités à apporter tous les éléments et statistiques pertinents, cela pour clarifier la nature et le champ des problèmes mis en avant par les ministres, écrivent les trois commissaires. Qui rappellent aussi dans cette lettre leur attachement à la « pierre angulaire » que constitue la libre circulation et dont les bénéfices économiques ont par ailleurs été prouvés. (SP)