Bruxelles, 21/05/2013 (Agence Europe) - La commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a proposé aux eurodéputés, lundi soir à Strasbourg, de mettre en place un forum de discussion annuel pour évaluer les efforts des États membres en matière d'accueil des réfugiés sur leur sol et de « relocation » des réfugiés arrivés dans l'UE, a indiqué la commission des libertés civiles du PE (LIBE) dans un communiqué. Le projet a été plutôt bien accueilli par les députés même s'il reste en deçà de leurs attentes, puisqu'ils réclament en effet depuis des mois un dispositif intra-européen pérenne d'entraide entre les États membres, sur une base volontaire et permanente, avec notamment une clef de répartition des réfugiés entre les pays. La commissaire suédoise répondait lundi plus précisément à une question écrite du président de la commission LIBE, Juan Fernando Lopez Aguilar (S&D, espagnol) qui l'interrogeait sur les engagements du Conseil et les possibilités d'étendre sur une base permanente le projet pilote qui a été mené à Malte (EUREMA) entre 2011 et 2012 (et qui se poursuit jusqu'à la mi-2013).
Le projet avait impliqué la première année une dizaine d'États membres, cela pour qu'ils se répartissent l'accueil de 255 réfugiés arrivés à Malte, rappelle une note du UNHCR. La seconde année, il s'agissait d'en « relocaliser » 356 - l'Allemagne étant dans les deux cas le pays ayant le plus proposé ou accordé de places - mais pas forcément dans le cadre du projet EUREMA. Certains pays ont en effet directement géré la « relocation » de réfugiés « maltais » en bilatéral et seulement 7 États membres l'ont fait au titre du programme européen.
Le Parlement européen avait en tout cas émis le souhait, en 2012, que ce projet pilote se pérennise, mais la commissaire Malmström a indiqué lundi qu'elle ne disposait pas à l'heure actuelle du soutien suffisant pour émettre une telle proposition. Il existe « une énorme majorité de pays fermement opposés à une initiative législative » sur le sujet, a-t-elle expliqué aux eurodéputés. La Commission s'était pourtant engagée, dans une communication en 2011, à soumettre cette idée aux États membres et ceux-ci s'étaient dit prêts, en 2012, à étudier toute piste en ce sens, rappelle dans sa lettre le président de la commission LIBE. Pour la commissaire, la seule solution susceptible de fonctionner à ce jour reste ce Forum annuel et la production de rapports sur les pratiques des États membres en matière d'asile. Pour Mme Malmström, ce Forum devrait d'ailleurs pouvoir remplir les mêmes objectifs qu'un instrument législatif, a-t-elle encore dit aux députés. (SP)