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Bulletin Quotidien Europe N° 10845
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Jouant sur la flexibilité du Pacte, l'Eurogroupe maintient le cap

Bruxelles, 14/05/2013 (Agence Europe) - Les dix-sept ministres des Finances de l'Eurozone ont pris note, lundi 13 mai, des prévisions économiques moroses de la Commission européenne qui font état d'une récession (chute du PIB de 0,4%) dans la zone euro en 2013 (EUROPE n° 10840).

« Nous ne sommes pas sortis du bois mais l'action entreprise jette peu à peu les bases d'un retour de la croissance durable propice à la création d'emplois. Nous continuerons à mettre en œuvre des stratégies de consolidation budgétaire différenciées et favorables à la croissance et respecterons nos objectifs budgétaires en ligne avec le Pacte de stabilité et de croissance révisé qui inclut des éléments de flexibilité », a indiqué le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Dans un contexte où la récession est plus longue que prévu, la Commission européenne propose que cinq pays disposent d'un délai supplémentaire pour ramener leur déficit sous la barre des 3% du PIB national, à condition que ceux-ci respectent leur objectif budgétaire en termes structurels (c'est-à-dire débarrassé des effets de la conjoncture) et mettent ce délai à profit pour entreprendre des réformes, parfois douloureuses.

La France et l'Espagne obtiendraient ainsi deux ans (jusqu'en 2015), les Pays-Bas, le Portugal et la Slovénie un an de répit. Prenant exemple sur l'expérience allemande de 2003, la Commission comprend qu'il n'est « pas possible de mener en parallèle l'effort structurel et d'assainir les finances publiques dans une période économique encore plus mauvaise », a constaté ce diplomate, pour qui « la règle nominale (du Pacte révisé) est désormais moins importante que la règle structurelle ».

Le nouveau ministre italien de l'Économie a présenté le programme économique du gouvernement Letta. « Nous avons réitéré le principe que nous voulons rester dans le cadre des engagements pris au niveau communautaire », a indiqué Fabrizio Saccomanni. L'Eurogroupe a donc pressé l'Italie de maintenir son déficit sous la barre des 3% en 2013 et d'accélérer l'agenda des réformes (EUROPE n° 10839).

Mercredi 29 mai, la Commission présentera ses recommandations pays par pays sur la base des programmes nationaux de stabilité et de réformes qui lui ont été transmis. Au Conseil Écofin de juin de prendre des décisions formelles, potentiellement en ajoutant de nouvelles conditions.

Déséquilibres macroéconomiques. L'Eurogroupe a également procédé à un échange de vues sur les importants déséquilibres macroéconomiques observés en Espagne et en Slovénie. Sans rentrer dans les détails, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a salué « l'équilibre » trouvé par Madrid en matière de consolidation budgétaire, tout en tenant compte de la conjoncture, et de réformes structurelles.

Les propos de l'Eurogroupe se font plus pressants en direction de Ljubljana. « La Slovénie doit agir de manière rapide et déterminée. En premier lieu, elle doit rétablir la confiance dans la résilience de son secteur bancaire », a souligné M. Dijsselbloem. Selon M. Rehn, il est encore « trop tôt » pour dire si les mesures incluses dans les programmes slovènes transmis la semaine dernière à la Commission constituent une réponse « crédible » aux principaux défis auxquels le pays fait face. « Même si la situation reste gérable, il n'y a absolument aucune seconde à perdre avant d'agir », a-t-il ajouté. Une éventuelle décision sur l'ouverture d'une procédure pour déséquilibre macroéconomique excessif, pouvant aboutir à la prise de sanctions financières, ne sera prise qu'au Conseil Écofin de juin. (MB)

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