Bruxelles, 14/05/2013 (Agence Europe) - Après une intervention militaire expéditive de la France au Mali, place aujourd'hui à la paix et au développement. Tel est du moins le souhait des autorités maliennes et de la communauté internationale qui se réuniront à Bruxelles, mercredi 15 mai, pour la conférence des donateurs pour le Mali, avec l'espoir de récolter près de 1,9 milliard d'euros en promesses de dons. L'UE s'est engagée, mardi 14 mai, à hauteur de 520 millions. L'objectif du gouvernement transitoire malien est de lancer, encore cette année, un plan de développement d'une telle ampleur, qu'il ne fait finalement que confirmer l'adage de l'homme politique français Georges Clemenceau, qu'il est plus facile de faire la guerre que la paix.
Avant même d'avoir lieu, la conférence des donateurs est déjà considérée comme un succès, tant à Paris que du côté de la Commission européenne, qui la coprésideront avec les autorités maliennes. Et pour cause: 103 délégations ont confirmé leur venue et 10 chefs d'État ou de gouvernement devraient faire le déplacement. Devant ce public, le ministre malien de l'Économie, des Finances et du Budget, Tiéna Coulibaly, présentera son « Plan pour la relance durable du Mali », alors même qu'à Paris on évoque aujourd'hui le début de la bataille « pour la paix », la guerre armée touchant à sa fin.
Paix et sécurité, réponse à la crise humanitaire, préparatifs des élections présidentielle du 28 juillet, lutte contre la corruption, relance de l'économie, ne sont que quelques exemples du contenu de ce plan stratégique qui est bâti sur 12 points et 4,3 milliards d'euros, dont 2,3 milliards seraient assurés par les seuls Maliens. Pour les experts de la Commission, il faudra répondre à deux crises parallèles: l'humanitaire (malnutrition et presque 500 000 personnes déplacées) et l'institutionnelle (finances publiques, décentralisation du pouvoir et réconciliation politique). Cette enveloppe, qui devra ainsi répondre à des besoins immédiats, tout en permettant de lancer des investissements à long terme, servira à des dépenses dans le courant de cette année et pour 2014.
En annonçant, mardi 14 mai, au côté du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, la contribution de l'UE, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déjà fait en sorte de remplir à plus du quart l'objectif en espèces sonnantes et trébuchantes de la conférence des donateurs. Cette annonce est « un bon début » et si nous repartons avec « 1,5 ou 1,6 milliard d'euros, on pourrait considérer que le compte y est », a commenté M. Traoré. (JK)