Présence réduite dans les organismes internationaux. L'atmosphère internationale n'est pas favorable ; l'UE perd du poids. C'est un fait: population et territoire européens sont inférieurs à ceux de colosses émergents tels que Chine, Inde, Brésil et autres. Les prévisions indiquent qu'en 2020 le poids démographique de l'Europe représentera moins de 7% de la population mondiale. La place traditionnelle de l'UE dans les organismes internationaux est considérée comme excessive par rapport à son poids réel et la tendance à la réduire s'affirme à l'avantage de ces pays.
Il est normal que ces géants occupent progressivement dans ces organismes la place qui leur revient. Le Brésilien Roberto Azevedo va assumer la direction de l'OMC à la place de l'Européen Pascal Lamy, qui a occupé ce rôle pendant deux mandats de quatre ans. La présidence du FMI est traditionnellement européenne ; elle l'est actuellement, mais on se demande si ce n'est pas la dernière fois, c'est une rumeur qui circule. En Amérique latine, en Asie et en Afrique on s'interroge en particulier sur l'intervention du FMI dans les péripéties de l'euro, en estimant que l'Europe aurait dû se débrouiller seule, alors que presque un tiers des financements destinés à l'équilibre de la zone euro a été fourni par le FMI. La tendance vers un prochain président qui ne serait pas européen gagne donc du terrain. Sans oublier qu'à côté du poids croissant des pays émergents, ce qu'on appelait autrefois le tiers monde est aussi en train de conquérir sa place au niveau international.
Pour l'équilibre des obligations. Il est normal que la nouvelle réalité mondiale se répercute de manière concrète et visible dans le fonctionnement des organismes internationaux. Mais l'Europe doit alors réclamer un rééquilibrage des engagements et le respect uniforme des règles internationales. La charge du fonctionnement du monde doit être redistribuée, la part de l'Europe doit être en harmonie avec le poids qu'on lui reconnaît. Les pays qui ont tellement progressé doivent assumer leurs responsabilités internationales. En d'autres mots: les pays émergents ont raison de réclamer davantage de poids et de responsabilités politiques internationales, mais doivent assumer alors les devoirs correspondants d'un double point de vue: le financement de l'action internationale et le respect des règles, notamment dans le domaine du commerce.
L'Europe doit faire valoir ses résultats. L'Union européenne doit en même temps faire valoir ses résultats. Cette rubrique s'efforce de présenter une image de la réalité européenne différente de celle, pessimiste et désabusée, qui est à la mode. En fait, l'UE progresse, cette rubrique d'hier en a encore indiqué quelques symptômes ; tant pis pour celui qui ne veut pas l'admettre et préfère le scepticisme et les lamentations. La réalité de la construction européenne est plutôt positive, même si les évolutions radicales en cours impliquent certains délais. Le résumé suivant n'annonce rien de nouveau, il se limite à schématiser les informations et les projets dont notre bulletin rend compte régulièrement et en détail.
Économie et finances. Les innovations en cours ou en cours d'élaboration représentent de véritables révolutions, notamment: a) dans la gestion de l'activité bancaire et la fin de leurs abus ; b) dans la lutte contre l'évasion fiscale. Les progrès dépassent souvent les prévisions, même si les effets seront progressifs.
Politiques communes. Les réformes de la PAC, de la politique de la pêche et surtout de la politique de cohésion apporteront des innovations peut-être en partie controversées, mais qui impliquent des améliorations radicales dans l'utilisation des ressources communautaires.
Gaspillages et abus. La lutte contre ces fléaux contribuera à réduire les dépenses et à améliorer la gestion de l'UE.
Réformes nationales. Les réformes à l'intérieur des États membres doivent être encore plus radicales que celles au niveau communautaire, pour rendre possible la relance économique. Par exemple, le récent gouvernement italien a annoncé les réformes institutionnelles suivantes: suppression des provinces, réduction radicale du nombre des parlementaires, révision des pouvoirs du Sénat. D'autres exemples seraient aussi éloquents.
Liens avec les États-Unis. L'évolution mondiale impose à l'UE de conclure l'accord bilatéral avec les Américains. Il suscite encore craintes et réticences, qui doivent être surmontées en clarifiant les objectifs et les modalités du projet, projet qui doit être concrétisé à la fin de l'année prochaine pour des raisons de calendrier. Et l'UE doit en même temps clarifier ses relations commerciales avec les pays émergents.
Responsabilités. Les Européens, avec les responsables politiques en tête, doivent renoncer - tout en maintenant un esprit critique salutaire - à décrier l'image de l'UE et doivent comprendre que leur attitude est aussi responsable de la perte de poids et d'estime des Vingt-sept dans le monde.
(FR)