Bruxelles, 17/04/2013 (Agence Europe) - La BEI (Banque européenne d'investissement), via sa branche spécialisée, la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et partenariat), organise les 18 et 19 avril à Athènes une conférence sur la coopération maritime en Méditerranée, en collaboration avec l'OMI (Organisation maritime internationale) et la Commission européenne.
Cette rencontre entre experts du secteur et financiers marquera l'achèvement de la phase préparatoire amorcée en mars 2011. À cette date, la Commission (en l'occurrence la commissaire Maria Damanaki), le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive, et le secrétaire général de l'OMI, M. Mitropoulos, se sont engagés à définir les axes d'une coopération pour le développement du secteur marin et maritime dans la région méditerranéenne, et notamment dans les pays partenaires du sud de la Méditerranée. Une étude de faisabilité, financée sur fonds de la BEI/FEMIP, avait été lancée. Ses conclusions seront présentées à Athènes.
L'étude a permis d'identifier les pratiques actuelles, les problèmes et les lacunes dans trois grands domaines (les investissements dans les infrastructures maritimes, les aspects sociaux et la formation, la surveillance et la sécurité maritimes) ainsi que des moyens innovants permettant de conjuguer les activités et les programmes d'assistance de la Commission européenne, de la BEI et de l'OMI pour combler ces lacunes.
Sur le fond, l'intérêt d'une telle coopération est déjà établi. 30% du commerce mondial en volume, 25% du transport maritime mondial du pétrole, transitent par cette mer commune à l'Europe et à l'Afrique qui révèle sur ses rives un marché global de plus de 150 millions de personnes en saison non touristique, le double durant la belle saison (en été). Les mouvements de marchandises et de personnes à travers ses eaux donnent de l'activité dans plus de 450 ports de tailles diverses, à leur départ comme à leur arrivée. L'activité de pêche y est certes moindre que dans la zone Atlantique, mais selon les données fournies, la moitié de la flotte de pêche artisanale de l'UE y est présente. Il s'y ajoute une activité croissante de production aquacole marine.
« La très forte pression qu'exercent les activités économiques sur l'écosystème méditerranéen continue de croître. Si le trafic maritime est durement touché par la crise économique actuelle, on s'attend à ce qu'il continue de se développer à terme en raison des besoins accrus en transport de voyageurs, de touristes et de marchandises, énergie comprise », affirment les experts cités. « Le tourisme de croisière, par exemple, se développe rapidement, et les grands ports de la Méditerranée accueillent chacun plus d'un million de croisiéristes chaque année. Les infrastructures, ainsi que les installations liées au tourisme et aux loisirs, sont déployées sur des côtes déjà densément peuplées et construites. Cette expansion humaine et économique toujours croissante s'est accompagnée d'une dégradation progressive de l'environnement ». La Méditerranée a été classée (selon la convention MARPOL) parmi les 'zones spéciales' polluées par les hydrocarbures depuis 1983 et par les ordures depuis mai 2009. Le littoral est de plus en plus menacé, tout comme le patrimoine culturel et naturel unique réparti sur plus de 400 sites classés par l'UNESCO. À cela s'ajoute le drame humain qui fait de la Méditerranée une zone de passage d'un flux important de migrants clandestins.
La coopération apparaît donc utile à tous les niveaux de l'activité humaine. « En d'autres termes, le bassin méditerranéen est confronté à de nombreux problèmes de nature marine et maritime. Il est donc indispensable de renforcer la coopération entre tous les États côtiers de manière à assurer une croissance plus durable et concilier le développement économique avec la protection de l'environnement », conclut l'étude. (FB)