Bruxelles, 17/04/2013 (Agence Europe) - Le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, a exhorté mardi la Grèce à combattre les exactions du parti de l'Aube dorée, parti d'extrême droite qui s'en prend principalement aux migrants, jugeant la démocratie grecque mise en danger par la recrudescence des crimes de haine et la faible réponse que leur apporte l'État grec. Dans son rapport, basé sur une visite dans le pays réalisée entre le 28 janvier et le 1er février derniers, le commissaire constate que toute une série d'attaques menées contre les migrants ont été le fait de supporters voire de parlementaires de l'Aube dorée. « Les autorités grecques doivent fermement condamner tous les discours et crimes de haine », demande M. Muiznieks dans un communiqué. « Tous les moyens doivent pouvoir être utilisés pour sanctionner ces individus et organisations qui incitent à la haine », poursuit le commissaire. Le droit international doit être pleinement utilisé pour imposer de véritables sanctions à ce type d'organisations politiques, le commissaire appelant encore les autorités grecques à concrétiser le plus vite possible la loi pénalisant le racisme et la xénophobie, pendante depuis 2011. La formation continue de la police, des garde-côtes, des juges et procureurs serait aussi bienvenus, estime le commissaire. Les migrants et les Roms continuent de subir des mauvais traitements, y compris ceux de la police grecque qui méprise les standards internationaux en matière de droits de l'homme, poursuit Nils Muiznieks, et a été déjà critiquée pour cela au niveau international. Les autorités doivent ainsi mettre fin à cette culture de l'impunité et répondre à tous les soupçons de collusion entre les forces de police et l'Aube dorée, dénonce encore le commissaire. Qui incite encore la Grèce à continuer d'améliorer son système d'asile et à remédier à ses lacunes qui mettent en danger les migrants.
Le gouvernement grec a, en réponse à ce rapport, dit partager les inquiétudes du commissaire quant à la hausse considérable des attaques racistes et xénophobes. Mais il souligne aussi que ce phénomène reste marginal dans la société grecque. Quant à la suggestion de M. Muiznieks de sanctionner, voire de bannir l'Aube dorée du paysage politique grec, les autorités soulignent qu'une telle action n'est pas si simple à mettre en œuvre, le parti étant entré par les urnes au parlement et qu'il convenait face à ce problème d'éviter les réponses guidées par « l'émotion ». (SP)