Dublin, 17/04/2013 (Agence Europe) - Le ministre irlandais veut faciliter une position commune du Conseil sur le mandat à donner à la Commission pour négocier avec les États-Unis.
Les négociations pour un accord de libre-échange transatlantique seront au centre des travaux de la réunion informelle des ministres européens du Commerce, jeudi 18 avril à Dublin. La présidence irlandaise veut favoriser, à cette occasion, l'émergence d'une position commune des Vingt-sept amendant le projet de mandat de négociation de la Commission, transmis au Conseil à la mi-mars (EUROPE n° 10805). Après un travail préliminaire de délimitation qui aura duré plus d'un an, l'UE et les États-Unis ont convenu, en février, de négocier un accord de libre-échange qui inclura la libéralisation tarifaire pour les produits agricoles et industriels, la libéralisation du commerce des services, l'investissement et l'accès aux marchés publics, la convergence réglementaire et la levée des barrières non tarifaires, les règles de concurrence, l'environnement et le développement durable, et la propriété intellectuelle (EUROPE n° 10785).
Les pourparlers transatlantiques seront abordés par les ministres lors d'une session de travail jeudi matin, puis lors du déjeuner qui clôturera la réunion du Conseil, en présence du commissaire au Commerce, Karel De Gucht et, côté américain, du vice-conseiller pour la sécurité nationale en matière économique du président Obama, Mike Froman. Dans la foulée des travaux ministériels, jeudi après-midi, la confédération irlandaise des entreprises (IBEC) sera l'hôte d'une table ronde sur le business transatlantique. L'intention de la présidence irlandaise derrière ces deux événements est de faire progresser les discussions préliminaires au niveau européen, tant au plan des États membres que des parties prenantes. Dublin veut encourager un aval formel du Conseil au mandat de négociation de la Commission pendant son exercice de la présidence, pour ouvrir formellement les négociations avec Washington en juin prochain.
« J'espère que cette réunion nous permettra de poursuivre les avancées déjà réalisées sous notre présidence, qui a fait du partenariat transatlantique une priorité de son exercice », commentait mercredi 16 avril le ministre irlandais des Entreprises, Richard Bruton. « La relation spéciale qu'entretient l'Irlande avec les États-Unis m'a permis d'ajouter une dimension supplémentaire à cette réunion. Pour la première fois, un représentant du gouvernement américain participera au Conseil des ministres du Commerce. Cet échange direct ne peut qu'augmenter le sens de l'intérêt commun et faire progresser le processus », ajoutait-il.
Dans une tribune publiée cette semaine dans le quotidien irlandais Sunday Business Post, M. Bruton juge qu'un accord transatlantique « représentera un élan inestimable pour les travailleurs et les exportateurs irlandais et européens ». Un accord complet et ambitieux, qui dynamiserait une relation commerciale pesant déjà plus de 2 milliards d'euros d'échanges chaque jour et représentant plus de 40% du PIB mondial, assurerait une augmentation d'un demi-point de PIB, des bénéfices annuels de plus de 100 milliards d'euros et la création de milliers d'emploi pour chacune des deux économies, insiste-t-il. Un accord devra reposer sur la levée des obstacles réglementaires au commerce, notamment en matière de dispositifs médicaux, les équipements électriques aux produits pharmaceutiques, l'adoption de normes communes pour le commerce des services, en particulier en matière de services professionnels de vente au détail et des TIC, et la libéralisation des règles d'investissement. « De toute évidence, les domaines à aborder sont complexes et ne seront pas faciles à résoudre. Cependant, les récompenses seront grandes », conclut M. Bruton. (EH)