Strasbourg, 17/04/2013 (Agence Europe) - Le co-président du Congrès de la Société démocratique et député turc Ahmet Türk a souligné, le 17 avril, l'importance du soutien de l'UE et du Parlement européen au processus de paix en cours entre la Turquie et les Kurdes, processus sur lequel il se dit optimiste. « Nous pensons que l'UE doit suivre de près le processus pour voir les causes, les parties qui ne veulent pas restaurer la paix dans la région », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse au Parlement européen. Pour la députée verte Hélène Flautre (française), « l'UE et les institutions doivent trouver tous les moyens de soutenir le processus, il faut faire vite, tout le monde n'a pas l'intérêt à la paix. C'est important, y compris pour la sécurité européenne, d'apporter notre soutien ». Liant le processus à la rédaction de la nouvelle Constitution en Turquie, elle a précisé que le Parlement pourrait plus encore contribuer au processus par son expérience de recherche du consensus en matière de dialogue politique.
Malgré le fait que le langage ait changé en Turquie et soit plus positif, « quand on voit les politiciens européens qui voient toujours les politiciens kurdes comme un danger ou un potentiel danger, cela n'aide pas le processus », a regretté M. Türk. Selon lui, si l'UE avait eu un rôle équilibré, le processus aurait pu être lancé depuis quelques années. La députée européenne Alexandra Thein (ADLE, allemande) a elle aussi souligné que si les deux parties ont changé de vocabulaire, l'UE devrait en faire de même. « Les négociations se font sur un pied d'égalité, nous devons être neutres », a-t-elle ajouté, regrettant aussi que l'Union européenne n'ait « pas suffisamment conscience » de l'importance de ce processus.
Pour M. Türk, l'Union doit davantage se rapprocher des Kurdes. « L'UE doit attirer le mouvement kurde, les forces démocratiques kurdes pour les aider à faire des pas vers la paix », a-t-il expliqué, regrettant que l'UE considère le parti kurde comme terroriste, « ce qui n'aide pas à la politique actuelle ». « Le PKK est devenu un parti politique important, un partenaire de négociations et de dialogue, le moment est venu » de le retirer de la liste des organisations terroristes de l'UE, a-t-il précisé à une question d'EUROPE. Pour Mme Thein, il est nécessaire d'agir sur les restrictions, en particulier sur la liberté de circulation de certaines personnes présentes sur la liste terroriste, considérant que c'est « un lourd handicap dans le processus de paix ». (CG)